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11月22日

Gala CPE 2009

Vendredi après-midi, St Jean de Moirans, je passe prendre Gaëlle, qui, je dois le préciser, est prête et à l'heure. Le trajet, sous le soleil, passe comme un trait d'autoroute à 150km/h. Direction la Part Dieu pour une cession shopping... ça faisait longtemps. Une coupe chez Haagen Dazs, un petit tour à la fnac, et Gaëlle qui trouve une petit pull. L'après-midi est un succès, je la dépose chez Greg, qui a finalement décidé de ne pas venir ce soir, rapport de management oblige.

J'arrive chez Fab' peu avant 20h, qui s'occupe de l'apéro comme un chef. Un petit ouzo pour commencer, quoi de mieux!!! Une assiette de pâtes et deux petits rhum plus tard, je quitte Fab' et sa copine: il est déjà 23h15. 10 minutes en Classe E et me voilà au Palais des congrès de Lyon, Gaëlle me récupère pour me faire rentrer (je récupère la place de Greg).

Sur place, il y a beaucoup plus de gens de ma promo que je n'aurais pu l'imaginer. Dam's me raconte sa nouvelle vie parisienne, je recroise Lauriane qui me dit ne plus avoir internet, d'où le silence radio. Gwinome est en grande forme, Julie est au comble de l'excitation (diplomée!!!), Christelle est souriante et en forme. La soirée passe vite, comme souvent. La musique s'arrête à 3h30, on nous vire vers 4h, alors qu'on nous avait promis 5h du matin. Je me venge en piquant des éthylotests. Et clairement, Gwinome ne peut pas conduire. Le fan club de Julie s'engouffre donc dans un taxi. Je rentre chez Fab' à pied.

Lendemain. Mal de tête. L'équipe gala a vraiment forcé sur le crément de mauvaise qualité. Mes hébergeurs me sauve avec deux cafés. Un coup de fil de Christelle achève l'opération sauvetage et nous décidons d'aller déjeuner ensemble. Une fois à l'Opéra, je suggère un burger au Ninkasi et Christelle répond par la positive. Après avoir galéré à retrouvé le Ninkasi Cordeliers, nous attendons 10 minutes qu'une table se libère. 500g de frites et 240g de viande plus tard, je vais vachement mieux. Nous sortons du restaurant, nous promenons un peu dans les rues de Lyon et finissons l'aprem par une expo au musée des beaux arts. Je redépose Christelle à Villeurbanne et je reprends la route direction Grenoble. Je serai presque à l'heure pour voir France Samoa avec François!



Poulotte, Poulette, Cocotte ... Strike Team's Back

Depuis un mémorable weekend en Angleterre en février dernier, nous n'avions pas été réunis. Vendredi dernier, c'était chose faite. Nous sommes chez Olivier, AnSo, François et moi. Et nous avons faim. Qu'importe, Domino's pizza sera notre sauveur.

Une fois deux pizza engloutis, et l'apéro dûment commencé (Oliver est très au point!) nous quittons Vaise direction la presqu'île. Nous nous retrouvons au Road 66, où nous sommes sensé retrouvé un collègue d'Oliv'. L'ambiance est glauque à souhait, mais nous prenons des bières et une table. On se demande quand même bien ce que nous faisons là. Après les quelques bières d'usage, et le collègue récupéré, direction le Barberousse. Il est temps d'être sérieux un peu. C'est parti pour les ti'punch et les rhums aromatisés. Et puis au bar, il y a un type qui n'a qu'un seul sourcil, version Emmanuel Chain. Ca fait beaucoup rire AnSo. Un détail me direz vous? Plutôt le fil rouge du weekend...

3h. Fermeture du bar. Les lumières s'allument. Je rentre dans le 6e, les autres gagnent Vaise en Velo'v.

Lendemain matin, je dévalise la boulangerie et prend un long petit déjeuner avec Manue et Larry, mes hébergeurs du weekend. Je m'occupe des pâtes carbo à midi, puis file à Charpennes retrouver Christelle pour un café express. Ensuite, direction le Parc de la Tête d'Or. Je retrouve le clan des Marseillais pour un foot sous la pluie. Nous sommes 5, nous sommes seuls dans le parc; exceptés les flics de la police municipale. Police municipale qui décidera de nous virer à 16h30, pretextant que nous abîmons la pelouse... Si jouer au foot devient un délit, on a pas fini. Une douche et un thé plus tard, je suis réchauffé et rejoins la Strike Team d'hier, ainsi que Lorène, Fabi et Jojo. Le repas est joyeux, mais le resto n'est pas exceptionnel. On fait avec. AnSo a sa raclette alors la planète est sauvée. Les desserts ne relèvent pas le niveau. On ne nous propose pas de café et nous expedie bien vite. Je ne crois pas que je remettrai les pieds ici... (Nulle Pierre Ailleurs, à éviter!).

Après ce repas tout de même copieux, direction le St James pour une petite bière. "T'as envie d'une bière toi?" me demande François dubitatif. Comme il le dit si bien, il y a un whisky pour chaque moment de la journée. Allons-y pour le whisky! Les autres sirotent leur bière. Puis une table se libère et nous nous installons au fond du pub. AnSo fait sa maline avec sa crème pour les mains. En plus, elle a vu un mono sourcil au bar (et c'est reparti). Fabi, Jojo et Lorène nous quittent pour prendre le dernier métro. Dommage. Après un long débat sur le rugby à XIII, et un second whisky, nous quittons le vieux Lyon direction le Barberousse. Mais là, on nous demande nos papiers. François n'a pas sa carte sur lui. Nous ne cherchons même pas à négocier. Qu'est-ce qui est encore ouvert à 0H30? Le Sirius? Allez, c'est parti!

Une petite imitation de Tom Sawyer et quelques minutes plus tard, nous sommes au Sirius, avec une table (!!!) et des mojitos bien chargés. Un second verre, et nous descendons clubber. Le DJ assure et c'est bien meilleur que mes souvenirs de cette boîte. 3h, nous partons, les trois cyclistes rejoignent Vaise en Vélo'v, je retrouve la rue de Créqui à pied.

Dimanche matin, réveil difficile, avec une crampe au mollet. J'enchaîne les grands bols de café. La matinée passe à toute vitesse. Un McDo pour tenir. Je retrouve Sabrina chez elle, dans le 8e. Thé au Jasmin et visite de la petite maison qu'elle loue avec son copain, très sympa au demeurant. Je passe l'après-midi là. Avant de reprendre la direction de Vaise pour quelques crèpes. Ca y est, c'est déjà la fin du weekend. AnSo repart vers l'aéroport, François et moi vers Grenoble. La fatigue est là, mais c'était un gros weekend...

Une seule question : à quand le prochain???


11月2日

La playlist du dimanche #5

Je sais que je suis en retard, mais parfois, un dimanche soir, c'est tellement triste, qu'on a envie que d'écouter la pluie. Ou une playlist.

I Can't                                             Radiohead
Just Let Go                                     Rhesus
When Your Mind's Made Up           Glen Hansard, Markéta Irglová
Pinocchio Story                              Kanye West
Narcoleptic                                     Placebo
Paint Me Over                                Amerie
Sour Times                                      Portishead
Blow Out                                         Radiohead & Portishead
Nantes                                             Beirut
Set The Fire To The Third Bar        Snow Patrol feat Martha Wainwright

Je sais que la playlist est courte, mais quand on est triste, on écoute toujours les mêmes morceaux en boucle non?


Le Kiwi, part 20

C'est l'automne, les feuilles tombent, la pluie se renforcent, et les histoires d'amour s'achèvent. Tout a une fin, même les bonnes choses, celles sucrées et délicates comme le Kiwi.

De retour à Lyon, je ne savais plus bien quoi faire. J’avais espéré –naïvement– une lettre de Perrine en réponse à ma vidéo. Mais peut-être était-ce simplement le testament vidéo de notre histoire que j’avais filmé là. Ou peut-être pas. Ce qui était sûr, c’est que ma boîte aux lettres était désespérément vide. Je sentais qu’Eva ne me serait d’aucun secours, malgré toute la bonne volonté qu’elle mettait à résorber les cicatrices de notre vieille histoire. Non, elle ne faisait que me décourager.

 

Je regardais mon passeport comme s’il était la réponse à tous mes soucis. J’avais commencé à erré sur internet à la recherche d’un billet d’avion pour Bangkok. Je cherchais avec nonchalance, comme si cette idée n’était pas vraiment sérieuse, comme si j’allais presque le faire… J’écoutais Bjork chanter « All is full of love », et si je l’avais eu devant moi, je l’aurais probablement giflé.

 

Et puis mon moteur de recherche qui s’arrête sur un aller et retour à moins de 700€. Peut-être aurais-je du m’abstenir ? Mais mieux vaut être fixé que de vivre toute sa vie sur un éternel regret, non ? Les regrets, c’est bon pour les loosers, me disait-je en confirmant ma commande. Bangkok, à nous deux !

 

J’avais posé dix jours de vacances à la dernière minute. Mon boss n’avait rien dit mais ses yeux disaient toute sa désapprobation. De toute façon j’en avais marre de ce job. J’étais peut-être sur le point de changer de vie, de suivre mon kiwi à travers le monde. Cette perspective me réjouissait. Je disposais d’un optimisme nouveau qui semblait m’immuniser contre tous les désagréments du quotidien. Un texto à Eva, « j’ai toujours adoré la roue de la fortune, je suis tombé sur la case Thaïlande, je pars demain ». Elle avait beau m’insupporter ces derniers temps, elle avait le droit d’être au courant de mes conneries. Peut-être que c’est la seule qui pourrait demander un rapatriement sanitaire si mon état psychologique se dégradait outre mesure. Je ne sautais pas non plus sans filet. J’avais prévenu un ami sur place, avec qui j’avais fait mes études, et qui, après avoir travaillé quelques années à Singapour, s’était désormais installé à Bangkok. Xavier s’était dit enchanté de ma visite, bien que nous n’ayons pas eu de contact très récent. Xavier ne se formalisait pas à cause de ce genre de détail. Il était aussi content de vous voir que votre dernière visite remonte à 5 jours ou à 5 ans.

 

C’est dans l’avion que j’ai commencé à me sentir mal. Nous survolions l’Europe, et déjà, je sentais que j’avais fait une grosse connerie. J’en étais presque venu à espérer un crash, ou au moins un déroutement pour raison technique. Mais ce foutu avion était fiable comme de l’horlogerie suisse. La serveuse de Singapour Airlines venait de m’apporter mon troisième gin, me demandant si je voulais autre chose. « Je voudrais que tu ailles demander à ton commandant de bord de faire demi-tour » pensais-je. Mais je me contentais de faire non de la tête. Au cinquième verre je lui avais demandé s’ils avaient des kiwis à bord. Elle avait paru à peine étonné, me répondant par la négative mais soulignant le fait qu’il disposait à bord d’une variété de jus de fruits impressionnante, et que le kiwi en faisait parti. Mon cerveau disait « je t’aime Singapour Airlines », et mes lèvres commandait un jus de kiwi allongé d’une dose de rhum. De là à être ivre, autant jouer sur le côté nostalgique.

 

Je n’avais même pas senti l’avion atterrir. J’avais du m’assoupir. Ou alors l’hôtesse avait-elle glissé avec bienveillance un demi valium dans mon rhum, pour calmer l’agitation de ce passager qui avait un regard particulièrement désespéré. En sortant de l’habitacle, je l’avais saluée avec les yeux du mec reconnaissant mais un peu paumé. Je récupère mes bagages, je chope un taxi et lui donne l’adresse de Xavier. Il n’est pas chez lui mais a prévenu le réceptionniste de mon arrivée. Le type m’ouvre l’appartement et je lui glisse un billet. Il y a un mot pour moi sur la table basse du salon. Un post-it jaune, mais je décide de ne pas prendre ça comme un signe.

 

Fais comme chez toi, y a des bières au frais

 

                                                        Xavier

 

Je loue sa bienveillance et m’ouvre une Tsing Tao avant de m’affaler dans le canapé. Et maintenant quoi ? C’est quoi la suite du programme. Je sors la carte de l’hôtel où est censé être descendu Perrine et je la pose sur la table devant moi. Comme si cela allait m’aider à réfléchir. Je m’assoupis encore. A mon réveil, je prends une douche glacée, et je fouille dans la cuisine à la recherche d’un substitue caféiné. Un pot de café soluble. Ce n’est pas terrible, mais ça fera l’affaire. Je choppe un grand verre à cocktail sur l’évier, y jette trois cuillère à soupe de café soluble, la même quantité de sucre, de l’eau et quelques glaçons. Je sors un plan de la ville en attendant que ma potion magique fasse effet. Puis je sors dans la moiteur de Bangkok bien décidé à récupérer celle que je crois aimer.

 

Je commande un café au bar de l’hôtel. Je suis presque à mon taux optimal de caféine. Je demande au type de la réception d’appeler la chambre 563. Pas de réponse. Je me rassois puis monte discrètement, jusqu’à me retrouver en face de sa chambre. Je frappe. Perrine met un peu de temps à ouvrir. Elle est simplement vêtue d’une serviette. Son visage n’exprime ni surprise ni enthousiasme. Juste une gêne mal dissimulée.

 

« _ Salut

   _ Salut. Euh, tu tombes mal là. Je peux te retrouver au bar dans 20 minutes ? « 

 

J’acquiesce. Mais dans l’entrebâillement de la porte j’aperçois un type allongé sur le lit. Ok, Perrine a besoin de 20 minutes pour finir de se faire sauter, prendre une douche et enfiler une robe, histoire d’être belle et épanouie pour annoncer à cet idiot qui attends en bas qu’il a fait des milliers de kilomètres pour rien. Comme si je ne le savais pas déjà. Même l’hôtesse de Singapour Airlines avait dû deviner que cette mission de sauvetage était vouée à l’échec. Ouais, les regrets, c’est pour les losers. Et maintenant que j’avais perdu. Les illusions et les regrets, c’était peut-être mieux, non ?

 

Je demandais au barman de l’hôtel s’il faisait un cocktail au kiwi. Et assez fort. Le mec m’avait fait un truc sur l’instant, dans l’improvisation du moment. Il avait tranché un kiwi devant moi et agité son shaker en me racontant qu’il en avait marre de bosser ici, à servir des whisky sur glace alors qu’il aurait pu faire tellement mieux. Il m’avait offert ce cocktail. Lui et moi partagions du désespoir. Il avait compris qu’un type qui passe du café aux cocktails en moins de dix minutes ne pouvait pas aller bien.

 

Je rentrais chez Xavier. Je n’avais pas attendu Perrine. J’avais dit à mon ami qu’elle avait quitté l’hôtel et que je ne l’avais pas trouvé. Il m’avait demandé avec enthousiasme combien de temps je restais. J’avais décidé de ne pas condamner sa bonne humeur et de me montrer sous mon meilleur jour. J’avais tout de même été reprendre une Tsing Tao dans le frigo. Sa copine était rentrée à son tour. Elle était brésilienne, elle bossait dans l’import-export de cuir avec l’Afrique. Les effets de la mondialisation je suppose. Elle a réservé une table au Bed Supperclub, une boîte branchée de Bangkok. Tant qu’il y a un bar.

 

Au bed la musique est bonne, les cocktails sont délicieux et pas si cher que ça. Je commencerais presque à aimer ce pays. Mes hôtes dansent sur la piste comme des fous, comme si leur vie en dépendait. Pendant ce temps je reste accoudé au bar. Je me suis dit que j’allais finir la carte des cocktails avant la fin de la soirée. Histoire d’accomplir quelque chose. Et puis il y a cette fille qui vient se percher à côté de moi au bar. Elle ne prononce pas un mot. Elle me jette un regard rapide, à la dérobée. Le barman est un peu débordé à l’autre bout du bar. Dans ma demi-ébriété, je lui demande en anglais ce qu’elle veut boire. Pourvu qu’elle ne parle pas uniquement thaï. Elle lève les yeux vers moi. Toujours sans rien dire. A en croire qu’elle est muette. Et puis elle finit par me dire ce qu’elle veut. J’appelle le barman avec une autorité que je ne me connaissais pas. Nous commençons à discuter. Elle me dit s’appeler May Lee.

 



10月29日

Le Kiwi, part 19

Le kiwi, ça s'exporte! La preuve cette semaine...


Quelques jours plus tard me voici également embarqué vers l’étranger. Bon, Londres ce n’est pas la Thaïlande. Un petit bout de mer nous sépare seulement de nos amis bretons. Je quitte Paris en Eurostar et sors du tunnel sous un ciel gris caractéristique. Curieusement pourtant l’éloignement de mon quotidien semble me rapprocher de mon kiwi. Arrivé tôt à Saint-Pancras j’enchaîne directement sur le boulot en bon petit mouton travailleur. Je suis le flot ininterrompu de costards gris-cravate rouge-chemise blanche en me demandant, face à l’uniformité de l’uniforme de travail, qui achète les chemises à rayures disposées en devanture des magasins devant lesquels je passe.

La journée au siège passe curieusement vite, sans pause, à peine le temps de descendre juste devant le building pour acheter un sandwich. Mais sur le coup de 17h tout le monde commence déjà à plier bagage. Mes collègues ne se font pas prier et me proposent de continuer l’après-midi – il fait nuit depuis une bonne heure déjà – dans un pub.

 

Nous sortons donc en troupe, masculine, pour nous réfugier trois mètres plus loin. C’est un pub sympa ? Ai-je la naïveté de demander. Ce n’est pas la question apparemment, il est prêt et propose de la bière. Cela suffit. Je m’essaie donc aux spécialités tièdes, amères ou sans bulles locales. C’est assez mauvais mais, en suivant la cadence de mes collègues londoniens et avec le sandwich aux pickles déjà bien loin dans l’estomac, j’oublie vite le goût de ce que j’avale. La conversation est tout sauf professionnelle, alternant les blagues grivoises et machistes aux questions sur la France (disons plutôt, les françaises) et discussions bien plus intimes. Qui aurait cru que ce peuple connu pour son flegme et sa politesse, pose ainsi sans vergogne des questions personnelles et embarrassantes à un quasi inconnu ? Quand je renvois l’ascenseur cependant, on reste dans le vague avec une habileté de langue à faire pâlir d’envie tout politicien.

Toujours est-il que la discussion de comptoir s’enclenche irrémédiablement sur mon histoire de kiwi – après nombres d’explications maladroites de la métaphore à mes collègues qui pensaient que j’aimais une néo-zélandaise et ne comprenaient pas son départ à Bangkok. Un point commun au moins. La discussion ne faiblit pas, forte des inévitables yakafokon de ces bretons qui hésitent à déménager de quartier et me disent de prendre le premier vol pour Bangkok. Could be good fun. Indeed. N’empêche, après le good fun d’y aller, que me resterait-il ? Un beau chômage sans espérer gagner le cœur de la belle. C’est là que je fais mon grand français et fait bien rire mes voisins libéraux. Good fun ça veut dire y aller, voir la belle, faire le plein de kiwi et revenir à ma routine comme si de rien était. La France est pleine de françaises qui ne demande qu’à se faire sauter. Rire gras. Je ris jaune. Je rentre en France dans deux jours. Je ne sais pas s’ils me proposeront de nouveau de sortir, j’ai peur d’être très occupé les prochains soirs.

 

Je rentre à l’hôtel dépité. Je m’apprête à faire mes devoirs pour Eva. Une belle soirée glauque à raconter. Mais mon estomac uniquement plein de reste de vinaigre et de liquide malté me tourmente. Ce sera pour une autre fois.  Les autres soirs, mes collègues lèvent également le camp assez tôt en me disant simplement au revoir. Il semble que j’aie participé au seul soir dédié à la sociabilisation de la semaine. Mon estomac et mon moral en sont ravis. J’en profite pour faire des tours dans la ville et observer les anglais. Ou plutôt les londoniens, tant les visages fromage blanc que l’on voit sur nos plages se faire cramer consciencieusement sont rares dans les rues métissés. Ca parle français, italien, indien… et avant tout un anglais international improbable. Et si j’allais là bas juste pour me sevrer ? Peut-être que si je croisais Perrine ici, à Covent Garden, je ne la remarquerais même pas.  Peut-être que c’est Lyon ma ville de kiwi. Mon kiwitier. Pas Bangkok. Peut-être que si j’y allais, je verrais que c’est être avec Perrine à Lyon que je veux, pas à Bangkok. Et donc que ce n’est pas Perrine que je veux ; mais un kiwi avec qui partager ma vie à Lyon.

 

Je rentrais à l’hôtel ravi de ma trouvaille. Je m’endormais en rêvant de moi et Perrine à Bangkok.

10月25日

La playlist du dimanche #4

C'est le retour de la playlist du dimanche. Ne me demandez pas pourquoi, il n'y a pas de raison précise. Bon je ne vous la fait pas sur deezer, parce que les accord avec les majors semble avoir limité le contenu du site. Enfin bref... Pas de thème précis, juste une playlist variée, avec du neuf et du moins neuf. Mais parfois, ça fait du bien de réviser ses classiques. Bonne soirée.

BB King "Ain't Nobody Home"
Radiohead "Bulletproof I Wish I Was"
Radiohead "I Can't"
Dionysos "Petit Colorado"
Rhesus "Talk Talk Talk"
The Cardigans "I Need  Some Fine Wine And You, You Need To Be Nicer
Nirvana "Oh Me"
Arctic Monkeys "Cigarette Smoking"
Asobi Seksu "Thursday"
Aventura "Gone"
Beirut "Nantes"
Blur "On The Way To The Club"
Gorillaz "Every Planet We Reach Is Dead"
Coldplay "High Speed"
Damien Rice "Amie"
The DØ "Song For Lovers"
Hot Chip "Look After Me"
Maria Andrade "Comme S'il En Pleuvait"
Oasis "Stand By Me"
Glen Hansard "When Your Mind's Made Up"


10月17日

Le Kiwi, part 18

Parfois, on a beau s'acharner, on y arrive pas. Le kiwi, lointain, exotique, inatteignable...


Eva me sauva par son coup de fil.

« Qu’as-tu fait aujourd’hui ? dit l’ingénue

-          Ben rien justement.

-          Intéressant. Et à part ça qu’est-ce que tu racontes ? »

Alors je lui racontais Perrine, le départ, le train, la lettre, l’effet du deuxième café et la réflexion stérile de laquelle elle venait de m’extirper. Ma chère Eva me souffla de faire ce que j’allais lui écrire, de faire de ma vie une expérience que je serais heureux de lui envoyer par lettre. Super, mais c’est quoi une vie que j’aurais voulu lui raconter, que j’aurais voulu qu’elle lise dans sa chambre d’hôtel étouffée d’une chaleur humide ? J’avais rendez-vous le lendemain soir pour relater à Eva mon premier jour de vie à raconter par lettre. Je devais choisir ce que je voulais faire de ma vie pour demain soir. Choix soumis à validation par mon ex avant envoi par la Poste. Je lorgnais sur mon tas de gribouillis en m’en voulant que c’eût n’ait pas fait l’affaire.

 

Mais on ne change pas sa vie banale en expérience de vie unique, en road movie passionnant pour l’être aimée, si loin, qui elle, ne nous aime peut-être déjà plus. Mais je m’accroche à ma tasse de Moka d’Ethiopie, en me disant qu’il ne tient qu’à nous-mêmes de faire quelque chose de nos vies. De ma vie. Alors je fais mille petites choses insignifiantes, en espérant qu’ensemble elles finissent par vouloir dire quelque chose. Je vais donc au boulot avec ma caméra DV Sony, je filme mon trajet, je parle avec des gens que je vois chaque matin mais à qui je n’ai jamais dit bonjour. Je leur demande ce qu’ils écriraient dans une lettre d’amour, je leur demande ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Au boulot, je demande à mon chef s’il a déjà été en Thaïlande, s’il connaît Bangkok, et à mon grand étonnement, il me raconte un voyage qu’il a fait avec sa femme il y a deux ans, me montre des photos de son séjour sur son ordi, me fait une liste exhaustive et non moins rébarbative des vaccinations nécessaires. Midi arrive, j’ai perdu une matinée de travail, mais j’ai appris des choses, compilé des informations, j’ai des choses à raconter. Le midi, je me renseigne sur la culture du café en Ethiopie, pour savoir comment l’agriculture de ce pays soutien ma quête de kiwi. L’après-midi, je me mets enfin au boulot, plus léger. Et puis finalement, je dégaine à nouveau ma caméra sur le chemin du retour, et quand je rentre chez moi, Eva attends au pied de l’immeuble. Toujours cette même question sur les lèvres :

 

« Qu’as-tu fait aujourd’hui ? »

 

Je la fait monter, je lui raconte, je lui montre des extraits de mon shooting vidéo. Elle fait la moue. Alors je m’énerve, je lui dis que ce n’est pas si facile que ça, qu’il faut bien que je gagne ma vie, et que je n’ai pas que ça à faire, de partir à la cueillette au kiwi. Elle ne semble même pas affectée par mon ton ; elle en a vu d’autres, des engueulades avec moi. Elle se contente juste d’un : « il faudra quand même être meilleur que ça, Roméo ». Je lui montre la porte et elle ne fait pas de détails pour s’en aller. Je claque la porte derrière elle, et puis je saisis un grand couteau. Je tranche dans le vif, un kiwi qui passait par là, innocent, et je l’évide froidement à la petite cuillère. Comme si ça pouvait être une thérapie. Je regarde à nouveau les images filmées aujourd’hui, et j’ai cette même impression qu’en relisant ma lettre écrite dans le train, que ce n’est pas encore cela que je dois envoyer à Perrine.

 

Je passe ma nuit à monter mes bouts de vidéo, comme un clip, et je les colle sur un son de Radiohead. Le tout gravé sur un mini CD, avec un petit post it jaune disant :

 

« Peut-être que vu de Bangkok, tout cela aura plus de sens »

 

Je glisse le tout dans une enveloppe, que je confie à FedEx. En arrivant au boulot, mon patron m’annonce que je dois partir à Londres quelques jours. Apparemment, ils ont besoin de moi au siège, pour je ne sais trop quel problème. En fait je n’écoute pas vraiment ses explications. La seule chose qui me traverse l’esprit, c’est que j’aurais préféré qu’ils m’envoient à Bangkok.

 

10月11日

Cocktail-Tram

Je ne me lasse pas d'écrire sur ses photos. Dernière collaboration entre elle et moi : Cocktail Tram

Arrivée en Normandie / PACS d'Aline

Vendredi matin, TGV Grenoble Paris. Mon voisin ronfle comme une tronçonneuse, et cela semble énerver la plupart des passagers du wagon. Moi, je m'en fous, d'abord parce que je rentre chez moi, que je vais revoir mes potes et ma famille, et que mon état de fatigue avancé m'empêche d'être réellement véhément. Le jeudi soir a été festif à souhait, et je n'ai regagné mes pénates qu'à 3h du matin. Il a fallu une fois de plus enterrer la vie de garçon de Mickaël, qu'on ne semble pas finir d'enterrer. Heureusement il se marie le samedi qui suit. Ca fera déjà cela de moins à fêter par la suite.

Quand j'arrive à Paris, il pleut et la température est bien automnal. Mais j'ai tout de même le sourire. De toute façon, la pluie est mon alliée depuis des années. Quand j'arrive en Normandie une heure plus tard, le ciel est clair, le soleil brille et le fond de l'air est à peine frais. Avec un peu de chance, ça tiendra tout le weekend, rien de pire qu'assister à un mariage sous la pluie.

Samedi, I suited up, comme dirait Barney, puisque c'est le PACS d'Aline, en grande pompe à la mairie, et qu'en plus je suis le témoin. Faut représenter, comme dirait l'autre. La température est surprenemment estivale, et ma veste de costume commence à me tenir chaud. Je retrouve quelques amis et connaissance parmi les invités, je discute avec Anne que je n'ai pas vu depuis le bac, avec Sherif et Nathalie, et j'aperçois Cécile au milieu de la foule, long cheveux blonds et robe d'été, qui cherche sous ses lunettes de soleil de star, désespérément, une tête connue. J'attends un instant avant de lui faire signe; pas la peine de la torturer plus que cela, après tout, moi non plus je ne connais pas grand monde. La cérémonie est courte, solennelle sans trop l'être, et tout le monde se prète sans mal au jeu des photos. Sauf moi peut-être, qui n'aie jamais su sourire. Pas vraiment un fan des "red carpet moments" pour résumer. Le cocktail est champêtre sans être très agréable, j'ai à peine le temps de dire un mot à Aline, la clairette est bien trop sucré et je repose bien vite mon verre. Entre cela et les macaron c'est une débauche de sucre, dont mon palais n'a pas très envie. Vers la fin du cocktail, alors que je discute toujours avec Cécile, Aline sauve ma soirée en proposant une place au repas à Cécile, suite à u désistement de dernière minute: on dit "merci Aline". La soirée est réussi, l'ambiance bonne et ça vanne pas mal à la table d'honneur (à quelle table tu crois que je suis?) entre Coralie, son frère, Aline, Yannick et moi. On rigole bien. Je fais un effort pour danser bien que n'ayant bu qu'un demi verre de vin. Je dois bien cela à Aline. Elle a toujours été là pour moi et a mérité que rien ne vienne gâcher son grand jour. Cécile, après avoir préparé le café façon "maison" pour pâlier les défaillances de la machine, nous quitte. Je reste encore un peu; plutôt le genre de type qui ne part que quand les lumières se rallument.

Dimanche, j'ai fait l'impasse sur le "finissage des restes". Les repas chez mes parents sont toujours meilleurs que la plupart des restaurants, alors le choix est vite fait. Mais j'ai promis de venir pour le foot après. Je ne dis jamais non à petit match, surtout sous un tel soleil; et puis rien de tel pour se débarrasser de toute mauvaise fatigue. Malgré la défaite, et mon cruel manque de réussite devant le but, je suis content de mon après-midi. A peine le temps de voir la fin de Bordeaux-Rennes à la télé. Mon corps dit stop et mes paupières ne veulent plus s'ouvrir. Time for some sleep...
 
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