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G-Star Crew

München Spirit
August 27

G-Star Crew Summer Tour Stage#2 : Du rose et des épées

Toulouse, la ville rose. Je me retrouve, par hasard, place Wilson, là où mon père avait l’habitude de se détendre, des années plus tôt, lors de son passage dans la ville. Etrange la vie parfois, me dit-il au téléphone. Je me promène dans la ville, en attendant que Romain sorte de son boulot. Après une bière en terrasse, nous finissons la soirée dans un resto tex-mex. Je prends une Margarita à la framboise, pour me rappeler les grandes heures de la Dream Team et du Sausalitos. Le lendemain, je visite la ville, seul. Romain bosse. Le Capitole, les petites rues, la brique omniprésente, le canal du Midi : les photos parlerons d’elle-même.

 

Le vendredi il n’est plus temps pour nous de rester en place. Romain a pris un jour de congé et nous filons direction Carcassonne, pour visiter la cité médiévale. Entre une foule de touriste armée d’épée en plastique, nous nous frayons un chemin dans les rues tortueuses de la cité, pour finalement trouvé refuge à la terrasse ombragée d’un restaurant. Un peu de confit de canard et tout va mieux. Nous oublions même vite un des serveurs du restaurant pas très enclin à faire son travail. Même ses collègues le surnomment « Grincheux ». C’est dire s’il met de la bonne volonté. Après ce repas et la visite du château, nous décidons de rentrer, peut-être par les petites routes, à la recherche d’un village typique ou d’un château oublié. Mais sur le parking, la Golf de Romain fait des siennes et nous manquons ne pas repartir ; la faute à un démarreur récalcitrant. Après une quinzaine d’essai infructueux, le moteur prend enfin vie. Nous écourtons notre chemin du retour et rentrons directement à Toulouse.

August 26

G-Star Crew Summer Tour Stage#1 : Du vin, des dunes et un peu de soleil

Me voilà reparti sur la route, après une quinzaine passée au bord de la mer, à ne rien faire d’autre que prendre des photos et manger du homard. Le bonheur, c’est bien peu de chose.

 

Mais le sud-ouest m’attend. Après quelques heures de route, je parviens enfin à destination : Donzac, petit localité girondine où je suis accueilli par Camille, qui vient me chercher au milieu des vignes, pour m’emmener au buffet post-mariage de la fille de sa marraine, bref, de la famille. Un peu perdu au milieu de tous ces inconnus, je pique un chou à la crème ou deux, discute avec Camille, de l’expatriation en Allemagne, de ces heures glorieuses où nous ne nous soucions de rien. La fin de l’après-midi passe doucettement entre chaleur et orages.

 

Le lendemain, nous quittons le domaine de Cranne et les vignobles pour le bassin d’Arcachon. Nous y restons deux jours, le temps de passer une après-midi à la plage, de visiter le Cap Ferret et le Bassin d’Arcachon, d’apercevoir la non moins célèbre dune du Pilat. Le beau n’est pas de la partie mais finalement, ça ne fait rien, Camille compense par sa bonne humeur et moi, par mes râleries exagérées.

 

Finalement, quatre jours c’est bien court. L’accueil en terre bordelaise ne dément pas sa bonne réputation, et je profite de ce passage pour remplir mon coffre de vin. Camille reprend l’avion direction Brême, et moi je reprends la route toujours plus au sud, vers Toulouse.

August 15

Figaro 2008 : Départ de la troisième étape

En ce vendredi 8 août, le départ de la troisième étape du Figaro 2008 devait être donné dans la rade de Cherbourg, la plus grande rade artificielle du monde. Dès 10h je me promenais donc dans le village départ. J’en profitais pour faire le plein de vêtements chez Anapurna, qui avait une large gamme de produit soldé sur le départ. J’aurai probablement besoin de vêtement chaud dans les massifs isérois…

 

Mes courtes emplettes achevés, je m’asseyais au bord d’un quai, observant les marins répondant aux journalistes, discutant avec les membres de leurs Team, achevant les derniers préparatifs de leur bateau en vue de la plus longue étape de cette Solitaire du Figaro 2008, 825 miles entre Cherbourg et l’Aber Wrac’h dans le finistère, avec le contournement de l’Ile de Man, en mer d’Irlande. Deux étapes en une pour ainsi dire. En général, le Figaro faisait étape en Irlande avant de redescendre pour l’arrivée le plus souvent jugée dans un port breton. Mais cette année, les organisateurs ont transformé ces deux étapes en une seule.

 

L’angoisse se lit sur les visages des familles, particulièrement des femmes, trop heureuse de récupérer leurs mari quelques si courts jours, qu’elles étreignent comme si c’était pour la dernière fois, parce que la mer prend parfois les marins, et ces femmes ne le savent que trop bien. Alors elles profitent de ces hommes trop égoïstes pour rester à terre, qui vivent leur passion à fond, une passion exigeante, comme une maîtresse possessive, la course au large.

 

11h, les bateaux sont autorisés à quitter les pontons. Pourtant personne ne bouge, profitant des derniers instants à terre. Le départ officiel ne devant avoir lieu qu’à 14h, rien ne presse les concurrents de rejoindre la rade et d’abandonner prématurément les êtres qui leur sont chers.

 

Et puis c’est le coup de théâtre, une annonce officielle fait part d’un report de l’heure du départ. Le village départ reste dans l’expectative mais aucune information supplémentaire, aucune précision sur la cause de ce report n’est avancée. Je m’éclipse du village pour un déjeuner bien mérité.

 

Lorsque je reviens, le ciel s’est éclairci, la situation de la course aussi. Un système dépressionnaire centré sur les îles britanniques est la cause de condition dantesque sur la mer d’Irlande et l’Ile de Man. Les skippers sont convoqués pour une réunion à huit clos. Puis une conférence de presse est organisée.

 

Le trajet est raccourci et modifié : il passe de 825 à 575 miles nautiques ; les concurrents devront virer autour d’une bouée au nord-ouest de la Bretagne avant de piquer plein sud vers l’Aber Wrac’h. Le départ sera donné à 18h.

 

Les départs, c’est encore ce qu’il y a de plus beau. Rien que le bruit du vent, une foule de passionnés jumelles en main, et une quarantaine de voile qui essaient de s’extirper de la rade dans la meilleure position possible.

 

Je suis la côte dans ma voiture, cherchant les meilleurs spots pour prendre des photos, tant que les concurrents longent encore la côte. Après ces quelques miles en flotte regroupée, il y aura le difficile choix des options de navigation, et après plusieurs nuit sans sommeil, un seul vainqueur, et beaucoup de marin méritants.

August 02

Quand il n'y a plus de soirée, il y en a encore une (chez Etienne)

Je rentrais du squash, je passais chez Manue lui rendre deux trois bricoles, j’avais des cartons à faire, un appart à ranger, un millier de truc à faire, mais finalement, parfois, il vaut mieux reporter les choses au lendemain.

 

Il y a déjà beaucoup de monde chez Etienne quand j’arrive, presque tout le monde est déjà là pour ainsi dire. Il règne une chaleur impossible, 15 personnes dans 30m², le four à bloc pour cuire les pizzas… quelques gouttes de sueur perlent déjà sur mon front. Mais bon il faut bien faire quelques sacrifices pour boire un dernier verre ensemble, se rappeler quelques bons souvenirs et se promettre qu’on n’en restera pas là.

 

Et puis Etienne n’est jamais si bon que dans ces rendez-vous improvisés, ces réunions collectives qui tombent au dernier moment. C’est l’occasion de parler avec Magali que je n’ai pas vue depuis plus d’un mois, de (re)goûter « le vin de la Tour » que Seb nous a rapporté. C’est le moment de partir sans rien regretter.

 

Et de clore définitivement l’épopée lyonnaise.

July 27

Dire aurevoir au Barberousse


C’est ma dernière soirée de fête à Lyon, avant un weekend de déménagement. Une dernière soirée pour rattraper les lacunes de certains : AnSo et Fabien n’ont jamais mis les pieds au « Palais de la Bière ». Et ça, c’est vraiment une injustice ! Manu (bientôt sur le départ aussi) et David (from UK) complète le casting de la soirée.

 

Les conseils prodigués par les serveurs et la qualité des bières servies ravissent tout le monde. Le lieu vaut vraiment le coup et Fabien n’est pas prêt d’oublier l’adresse !!! Nous partons après qu’un des serveurs nous ait payé un petit verre de génépie « pour tasser tout ça ». La soirée ne fait que commencer…

 

Nous décidons de nous rendre au Barberousse, puisque depuis qu’Elsa y est « wanted », nous n’y allons plus beaucoup. En passant rue Ste Catherine, nous croisons les stagiaires de Sanofi devant le Perroquet Bourré. Christophe est à l’interieur. Alors nous faisons une halte le temps d’une petite tournée de shooters.

 

Puis direction le Barberousse, où les tournées de Cucaracha s’enchaînent de plus en plus vite…

 

Un final, en apothéose… Une dernière soirée, pour faire rêver !

July 25

Last Night / Une des dernières soirées lyonnaises

Je quitte bientôt Lyon pour m’installer à Grenoble. Plus que quelques jours donc pour faire la fête ici. Et c’est au Shamrock (pour changer un peu des habitudes), que nous fêtons, la soutenance réussie d’Etienne, le départ au Brésil d’Elsa pour les vacances. Moi je ne fête rien de spécial, juste le plaisir d’être là. Chris et les stagiaires de Sanofi sont là, Pierre est aussi dans la place, tout comme Seb. Elsa paie sa tournée, moi aussi. Au premier rythme latino je me retrouve à danser sur la table avec Elsa, à la deuxième chanson, toute la table « Sanofi » a suivi. BenJ et Etienne nous rejoignent vers 23H30, c’est parti pour deux autres tournées. La musique vire au rock, la soirée s’emballe. Aller-retour au perroquet bourré avec Elsa pour boire un petit shooter, histoire de.

 

Chris nous abandonne et part à l’abreuvoir, en promettant de revenir une fois ses collègues parti. Il n’est jamais revenu. Tu t’es laissé entraîner Chris ?

 

Fermeture à 1h, j’ai envie de continuer la fête, mais je suis le seul en vacances. Alors je rentre. Mais promis, ce soir, je remets ça.

 

Keep dreamin’ guys !

July 16

Flat Hunting / Quand Dam’s accueille

Mon futur se poursuivant au milieu des montagnes, à Grenoble, il me faut bien chercher un appartement en territoire hostile ; quoique pas si hostile que ça. Sur place, il y a quand même Damien !!!

 

Je ne vous conterai pas ma recherche d’appartement, brève et fructueuse, je vous communiquerai plus tard l’adresse où je vous accueillerai les bras ouverts tant que vous venez les bras chargés. Mais il y a une place pour tout le monde !

 

Trop fatigué pour faire l’aller-retour dans la journée, Dam’s m’accueille donc gracieusement au sein de sa coloc. Une de ses coloc est même bretonne, quelques gramme d’iode dans ce monde de montagne…

 

Trop fatigué, mais pas assez pour ne pas fêter mon futur emménagement grenoblois… Nous allons donc « bien nous faire caler le bide », comme le dit Damien, à un restaurant qui s’appelle « la Panse ». Tout un programme. Damien choisi le boudin noir, moi l’andouillette (comment ça le régime ???), et le serveur, devant notre hésitation entre la marquise au chocolat et le bavarois se contente… de nous apporter les deux !!! 23€ le vin compris, pour entrée plat dessert double, c’est quand même pas cher, surtout que le service est au niveau de la bouffe. Une adresse à retenir pour ceux qui feraient un détour en terre iséroise.

 

Ensuite la soirée continue dans un pub, où je déguste une pinte de Kilkenny tout en déblatérant à tort et à travers (oui comme d’habitude). Ca fait quand même bien plaisir de voir Damien. Après une course poursuite avec le tram nous rentrons finalement, boire une bière ou deux dans la cuisine en attendant que le salon se libère et que je puisse dormir. Au moment d’aller nous coucher, une des coloc de Damien décide de me raconter sa vie difficile de « fille qui bosse pas et qui ne sait pas ce qu’elle va faire, tu vois, parce que c’est trop dur la vie, quand même, et blablabla ». Le tout en triturant maladivement mes lunettes. « Possessive et égocentrique » dirait mon psy… (Dédicace à Phinou la grande clinicienne de la psychologie de la vie de la mort qui déchire)

 

Enfin, c’est le dodo, après une journée de marche et de visite, conclu en beauté, il faut bien le dire.

 

Merci Damien de m’avoir permis de squatter.

July 14

School’s over / weekend chez Christophe

Vendredi, soutenance passée, ma scolarité s’achevait donc définitivement (ou presque). Les vacances (déjà entamées) pouvaient réellement commencer ! Quoi de mieux qu’un petit weekend en Ardèche, gracieusement hébergés par Chris, pour commencer fêter notre nouveau statut d’ingénieur ?

 

Le trajet de l’aller est un calvaire, puisque nous sommes englués dans les bouchons. Mais après de trop longues heures dans la voiture, et un énervement plus que notable de ma part, nous arrivons au but, Chris, Seb, Etienne et moi. Quatre potes de Chris, membres du « Croix-Rousse Crew » : Laetitia, Régis, Adrien et Pauline. Apéro et plat de pâtes à 5h du mat’ (merci Seb), le weekend commence bien. J’ai déjà oublié les bouchons.

 

Le lendemain, les participants se réveillent petit à petit, nous profitons de la piscine avant que l’orage ne nous poussent à rentrer. Nous nous consolons autour d’une partie de cartes. La motivation pour les courses est tardive mais le frigo fini par se remplir. Le déjeuner est pris à 19h, premier repas depuis le croissant du matin (12h30). Et oui en vacances, on n’a pas d’horaires !

 

Encore quatre participants arrivent en début de soirée : Calliste, Angélique, Perrine et Marc. Nous sommes enfin au complet (12), pour un barbeuc, et un apéro bien mérité. Seb s’occupe du Ricard, des olives et des glaçons, Régis gère le feu et la soirée passe tranquillement. Après un jeu du paquet, un biskit de folie descend les participants les uns après les autres (Laetitia triple merlu, Seb double gros poulet… du jamais vu…). Nous nous couchons bien tard, et chacun s’endort aussitôt.

 

Dimanche, crêpes au petit dej’ et piscine. Adrien, malade, reste couché. Pour le reste il y a les quelques photos. Le soleil tape dur, avant un nouvel orage en toute fin d’aprem. Laetitia, Adrien, Etienne et moi quittons l’Ardèche en début de soirée, laissant les autres finir ce weekend en beauté !

 

Merci Chris pour l’accueil toujours super, merci au CRC (Croix Rousse Crew) pour l’ambiance !

July 11

Piano

J’écoute en boucle ces quelques secondes de piano, jouées par ton amie au nom de fruit. Etrange habitude que d’écouter 53 secondes de piano en boucle. Etrange pour quelqu’un qui n’a jamais vraiment aimé le piano, qui n’en a jamais joué, tout juste s’il en a touché un dans sa vie. Moi, il, lui, quelqu’un d’autre, peu importe. Je ne sais même pas quel morceau elle peut bien jouer, mon inculture musicale poussée à l’impossible m’empêche toute familiarité excessive avec ce morceau, impossible à fredonner, impossible à nommer. Impossible à saisir.

 

Peut-être est-ce plus la pianiste, ton amie, que j’essaie de saisir. De percevoir, d’imaginer. De quelle sensibilité faut-il disposer pour faire courir à cette vitesse ses doigts sur un piano ? Mes mains à moi ne courent pas, elles écrivent et quand il s’agit de courir je prends mes jambes à mon cou. C’est bien plus commun, bien plus pratique. J’imagine donc cette pianiste dont tu m’as parlé parfois, pas assez pour la connaître, trop peu pour la rencontrer mais suffisamment pour créer le mystère. Non je ne veux pas la voir, je cristallise une image et c’est mieux comme ça. Je ne te ferai pas mon beau discours sur Stendhal, les mines de sels et le diamant ; j’exècre Stendhal mais il est bien pratique, parfois. Non j’ai plus envie de parler de cette image que de la réalité. Je fuis la réalité des gens, parce qu’elle est triste dans le meilleur des cas, pathétique le plus souvent. La déception est bien plus forte que l’imagination, elle abat froidement espoirs et image, aussi froidement que mon meilleur pote abat sa main au poker. Aucune chance.

 

Finalement cette image est floue. Plus exactement elle est comme à contre-jour, si bien que je ne vois pas le visage de ton amie, je distingue simplement une silhouette. Et des mains. Elles, je les vois clairement, ces mains graciles et rapides, ces mains virtuoses, ces mains me fascinent. Elles semblent agir indépendamment du corps, c’est tout juste si elles entraînent les bras et un léger mouvement de tête. Elles semblent mener, mener le corps, mener mes pensées, mener cette si courte mélodie. Car irrémédiablement les mains s’arrêtent, car le morceau que tu m’as envoyé est court, fini aussi abruptement qu’une falaise dont on se jette. J’aurais aimé en avoir plus, en entendre plus parce qu’il y a peut être plus à en dire, parce que magiquement en écoutant ces 53 secondes mes mains se mettent à courir sur le clavier. Un clavier un peu différent je te l’accorde, je ne joue aucune partition, j’écris ce que les mains me dictent. Les mains dans ma tête dictent à mes mains ce que… Je sais c’est idiot. Sait-elle seulement que tu fais écouter des secondes d’elle à tes amis ? Sait-elle que je l’écoute en ce moment, que j’écoute ses mains ? Lui as-tu parlé de moi ? Lui as-tu fait lire quelques lignes d’un de mes textes, quelques lignes trop courtes pour qu’elle en puisse trop apprendre sur moi ? Quelques lignes qui résonneraient dans sa tête comme une mélodie ?

 

Je pense à ses mains quand j’écris ? A quoi pense-t-elle quand elle joue ? Bien sûr elle ne pense à rien. Quand elle joue, elle oublie.

July 09

Ecrire, vivre, mourir

J'essaie de rédiger un texte. Mais il ne s'agit pas d'écriture. J'écris deux mots, je rature. Je pars dans une mauvaise direction. Les obsèques, l'église. Prendre la parole dans ce fatras. Parler devant un micro, face à des visages connus, face à tous ceux qu'on aime. J'ai cette responsabilité. Ne pas dire quelque chose de convenu, de bancal, de déplacé. Être à la hauteur de notre histoire d'amour, à la hauteur de la douleur.

Pourtant j’avais l’habitude d’écrire, pas comme un écrivain de best seller, non, c’est évident ; mais mon travail au ministère consistait à écrire et réécrire les déclarations du ministre, les réponses aux lettres ouvertes qui lui étaient adressées, aux questions au gouvernement auxquelles il faisait face à l’assemblée. Il discutait parfois certaines de mes phrases, mais la plupart du temps, une simple relecture de sa part lui confirmait sa confiance en moi. L’écriture n’était pas un problème, j’en étais devenu une sorte de professionnel, froid et calculateur, ne laissant passer aucun mot, aucun contresens, aucune allusion.

 

Pourtant cette fois cette fois-ci c’était différent, il ne s’agissait plus d’écrire les mots d’un autres. Il ne s’agissait plus d’écouter le discours relayé par toutes les chaînes d’informations, tranquillement assis dans un des salons du ministère, en contemplant son propre travail d’un air de fierté mal placé. Cette fois je devrais parler, devant une assemblée de gens tristes, abattus, dans le cadre religieux d’une petite église de province. C’était solennel, il me fallait être humble. Il me fallait regarder les gens droit dans les yeux, des yeux emplis de larmes, et leur dire pourquoi j’aimais Sophie, pourquoi eux l’aimaient aussi.

 

Je n’avais pas compris leur choix. Pourquoi moi ? Pourquoi pas son frère ? Bien sûr tout le monde savait le lien qui m’unissait à Sophie, mais rien n’avait jamais été officialisé, et je n’avais vu sa famille qu’une fois ou deux. Peut être était-ce un geste de leur part pour officialiser trop tard une liaison que Sophie aurait voulu publique. Je ne leur en voulais pas, de cette acceptation tardive. Je m’étais attaché à eux au travers des portraits que Sophie m’avait dépeint. Ils étaient francs et sincères, parfois un peu bruts, mais rien n’empêchait de les aimer. Leur geste, laisser le scribouillard du ministère prononcer l’oraison funèbre, montrait toute leur bonté d’âme.

 

Malheureusement ces pensées ne m’aidaient point à écrire. J’étais toujours là, mon stylo plume fétiche en main, devant cette page blanche. Lorsqu’il s’agissait d’un texte particulièrement important, je délaissais mon clavier pour l’écriture manuscrite, le contact de la plume sur le papier immaculé, les ratures, le doux flot de l’encre. Rien n’était doux en ces temps là. Le chagrin n’arrivait pas à m’arracher la moindre larme, comme si j’avais su que cette histoire avec Sophie ne menait nulle part, comme si cette fin tragique était inéluctable.

 

Quelques heures plus tard je me réveillais comme d’un rêve. Un rapide coup d’œil à ma montre m’indiqua qu’il ne restait qu’une heure avant la cérémonie. J’étais déjà vêtu de mon costume le plus sombre, un stylo à la main. La feuille devant moi était parsemé de petites lignes de cette écriture fine que je reconnu immédiatement comme étant la mienne. Avais-je écris cela dans un état de transe plus ou moins inconscient ? Je ne savais pas, mais à la relecture du texte, j’étais certain que ce texte avait la bonne tonalité, qu’il résonnerait juste dans la petite église. Je me levais en prenant mes clés de voiture, et j’essuyais une larme sur ma joue, enfin.

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