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November 22 Gala CPE 2009 Vendredi après-midi, St Jean de Moirans, je passe prendre Gaëlle, qui, je dois le préciser, est prête et à l'heure. Le trajet, sous le soleil, passe comme un trait d'autoroute à 150km/h. Direction la Part Dieu pour une cession shopping... ça faisait longtemps. Une coupe chez Haagen Dazs, un petit tour à la fnac, et Gaëlle qui trouve une petit pull. L'après-midi est un succès, je la dépose chez Greg, qui a finalement décidé de ne pas venir ce soir, rapport de management oblige. J'arrive chez Fab' peu avant 20h, qui s'occupe de l'apéro comme un chef. Un petit ouzo pour commencer, quoi de mieux!!! Une assiette de pâtes et deux petits rhum plus tard, je quitte Fab' et sa copine: il est déjà 23h15. 10 minutes en Classe E et me voilà au Palais des congrès de Lyon, Gaëlle me récupère pour me faire rentrer (je récupère la place de Greg). Sur place, il y a beaucoup plus de gens de ma promo que je n'aurais pu l'imaginer. Dam's me raconte sa nouvelle vie parisienne, je recroise Lauriane qui me dit ne plus avoir internet, d'où le silence radio. Gwinome est en grande forme, Julie est au comble de l'excitation (diplomée!!!), Christelle est souriante et en forme. La soirée passe vite, comme souvent. La musique s'arrête à 3h30, on nous vire vers 4h, alors qu'on nous avait promis 5h du matin. Je me venge en piquant des éthylotests. Et clairement, Gwinome ne peut pas conduire. Le fan club de Julie s'engouffre donc dans un taxi. Je rentre chez Fab' à pied. Lendemain. Mal de tête. L'équipe gala a vraiment forcé sur le crément de mauvaise qualité. Mes hébergeurs me sauve avec deux cafés. Un coup de fil de Christelle achève l'opération sauvetage et nous décidons d'aller déjeuner ensemble. Une fois à l'Opéra, je suggère un burger au Ninkasi et Christelle répond par la positive. Après avoir galéré à retrouvé le Ninkasi Cordeliers, nous attendons 10 minutes qu'une table se libère. 500g de frites et 240g de viande plus tard, je vais vachement mieux. Nous sortons du restaurant, nous promenons un peu dans les rues de Lyon et finissons l'aprem par une expo au musée des beaux arts. Je redépose Christelle à Villeurbanne et je reprends la route direction Grenoble. Je serai presque à l'heure pour voir France Samoa avec François! Poulotte, Poulette, Cocotte ... Strike Team's Back Depuis un mémorable weekend en Angleterre en février dernier, nous n'avions pas été réunis. Vendredi dernier, c'était chose faite. Nous sommes chez Olivier, AnSo, François et moi. Et nous avons faim. Qu'importe, Domino's pizza sera notre sauveur. Une fois deux pizza engloutis, et l'apéro dûment commencé (Oliver est très au point!) nous quittons Vaise direction la presqu'île. Nous nous retrouvons au Road 66, où nous sommes sensé retrouvé un collègue d'Oliv'. L'ambiance est glauque à souhait, mais nous prenons des bières et une table. On se demande quand même bien ce que nous faisons là. Après les quelques bières d'usage, et le collègue récupéré, direction le Barberousse. Il est temps d'être sérieux un peu. C'est parti pour les ti'punch et les rhums aromatisés. Et puis au bar, il y a un type qui n'a qu'un seul sourcil, version Emmanuel Chain. Ca fait beaucoup rire AnSo. Un détail me direz vous? Plutôt le fil rouge du weekend... 3h. Fermeture du bar. Les lumières s'allument. Je rentre dans le 6e, les autres gagnent Vaise en Velo'v. Lendemain matin, je dévalise la boulangerie et prend un long petit déjeuner avec Manue et Larry, mes hébergeurs du weekend. Je m'occupe des pâtes carbo à midi, puis file à Charpennes retrouver Christelle pour un café express. Ensuite, direction le Parc de la Tête d'Or. Je retrouve le clan des Marseillais pour un foot sous la pluie. Nous sommes 5, nous sommes seuls dans le parc; exceptés les flics de la police municipale. Police municipale qui décidera de nous virer à 16h30, pretextant que nous abîmons la pelouse... Si jouer au foot devient un délit, on a pas fini. Une douche et un thé plus tard, je suis réchauffé et rejoins la Strike Team d'hier, ainsi que Lorène, Fabi et Jojo. Le repas est joyeux, mais le resto n'est pas exceptionnel. On fait avec. AnSo a sa raclette alors la planète est sauvée. Les desserts ne relèvent pas le niveau. On ne nous propose pas de café et nous expedie bien vite. Je ne crois pas que je remettrai les pieds ici... (Nulle Pierre Ailleurs, à éviter!). Après ce repas tout de même copieux, direction le St James pour une petite bière. "T'as envie d'une bière toi?" me demande François dubitatif. Comme il le dit si bien, il y a un whisky pour chaque moment de la journée. Allons-y pour le whisky! Les autres sirotent leur bière. Puis une table se libère et nous nous installons au fond du pub. AnSo fait sa maline avec sa crème pour les mains. En plus, elle a vu un mono sourcil au bar (et c'est reparti). Fabi, Jojo et Lorène nous quittent pour prendre le dernier métro. Dommage. Après un long débat sur le rugby à XIII, et un second whisky, nous quittons le vieux Lyon direction le Barberousse. Mais là, on nous demande nos papiers. François n'a pas sa carte sur lui. Nous ne cherchons même pas à négocier. Qu'est-ce qui est encore ouvert à 0H30? Le Sirius? Allez, c'est parti! Une petite imitation de Tom Sawyer et quelques minutes plus tard, nous sommes au Sirius, avec une table (!!!) et des mojitos bien chargés. Un second verre, et nous descendons clubber. Le DJ assure et c'est bien meilleur que mes souvenirs de cette boîte. 3h, nous partons, les trois cyclistes rejoignent Vaise en Vélo'v, je retrouve la rue de Créqui à pied. Dimanche matin, réveil difficile, avec une crampe au mollet. J'enchaîne les grands bols de café. La matinée passe à toute vitesse. Un McDo pour tenir. Je retrouve Sabrina chez elle, dans le 8e. Thé au Jasmin et visite de la petite maison qu'elle loue avec son copain, très sympa au demeurant. Je passe l'après-midi là. Avant de reprendre la direction de Vaise pour quelques crèpes. Ca y est, c'est déjà la fin du weekend. AnSo repart vers l'aéroport, François et moi vers Grenoble. La fatigue est là, mais c'était un gros weekend... Une seule question : à quand le prochain??? November 02 La playlist du dimanche #5 Je sais que je suis en retard, mais parfois, un dimanche soir, c'est tellement triste, qu'on a envie que d'écouter la pluie. Ou une playlist. I Can't Radiohead
Just Let Go Rhesus When Your Mind's Made Up Glen Hansard, Markéta Irglová Pinocchio Story Kanye West Narcoleptic Placebo Paint Me Over Amerie Sour Times Portishead Blow Out Radiohead & Portishead Nantes Beirut Set The Fire To The Third Bar Snow Patrol feat Martha Wainwright Je sais que la playlist est courte, mais quand on est triste, on écoute toujours les mêmes morceaux en boucle non? Le Kiwi, part 20 C'est l'automne, les feuilles tombent, la pluie se renforcent, et les histoires d'amour s'achèvent. Tout a une fin, même les bonnes choses, celles sucrées et délicates comme le Kiwi. De retour à Lyon, je ne savais plus bien quoi faire. J’avais espéré –naïvement– une lettre de Perrine en réponse à ma vidéo. Mais peut-être était-ce simplement le testament vidéo de notre histoire que j’avais filmé là. Ou peut-être pas. Ce qui était sûr, c’est que ma boîte aux lettres était désespérément vide. Je sentais qu’Eva ne me serait d’aucun secours, malgré toute la bonne volonté qu’elle mettait à résorber les cicatrices de notre vieille histoire. Non, elle ne faisait que me décourager.
Je regardais mon passeport comme s’il était la réponse à tous mes soucis. J’avais commencé à erré sur internet à la recherche d’un billet d’avion pour Bangkok. Je cherchais avec nonchalance, comme si cette idée n’était pas vraiment sérieuse, comme si j’allais presque le faire… J’écoutais Bjork chanter « All is full of love », et si je l’avais eu devant moi, je l’aurais probablement giflé.
Et puis mon moteur de recherche qui s’arrête sur un aller et retour à moins de 700€. Peut-être aurais-je du m’abstenir ? Mais mieux vaut être fixé que de vivre toute sa vie sur un éternel regret, non ? Les regrets, c’est bon pour les loosers, me disait-je en confirmant ma commande. Bangkok, à nous deux !
J’avais posé dix jours de vacances à la dernière minute. Mon boss n’avait rien dit mais ses yeux disaient toute sa désapprobation. De toute façon j’en avais marre de ce job. J’étais peut-être sur le point de changer de vie, de suivre mon kiwi à travers le monde. Cette perspective me réjouissait. Je disposais d’un optimisme nouveau qui semblait m’immuniser contre tous les désagréments du quotidien. Un texto à Eva, « j’ai toujours adoré la roue de la fortune, je suis tombé sur la case Thaïlande, je pars demain ». Elle avait beau m’insupporter ces derniers temps, elle avait le droit d’être au courant de mes conneries. Peut-être que c’est la seule qui pourrait demander un rapatriement sanitaire si mon état psychologique se dégradait outre mesure. Je ne sautais pas non plus sans filet. J’avais prévenu un ami sur place, avec qui j’avais fait mes études, et qui, après avoir travaillé quelques années à Singapour, s’était désormais installé à Bangkok. Xavier s’était dit enchanté de ma visite, bien que nous n’ayons pas eu de contact très récent. Xavier ne se formalisait pas à cause de ce genre de détail. Il était aussi content de vous voir que votre dernière visite remonte à 5 jours ou à 5 ans.
C’est dans l’avion que j’ai commencé à me sentir mal. Nous survolions l’Europe, et déjà, je sentais que j’avais fait une grosse connerie. J’en étais presque venu à espérer un crash, ou au moins un déroutement pour raison technique. Mais ce foutu avion était fiable comme de l’horlogerie suisse. La serveuse de Singapour Airlines venait de m’apporter mon troisième gin, me demandant si je voulais autre chose. « Je voudrais que tu ailles demander à ton commandant de bord de faire demi-tour » pensais-je. Mais je me contentais de faire non de la tête. Au cinquième verre je lui avais demandé s’ils avaient des kiwis à bord. Elle avait paru à peine étonné, me répondant par la négative mais soulignant le fait qu’il disposait à bord d’une variété de jus de fruits impressionnante, et que le kiwi en faisait parti. Mon cerveau disait « je t’aime Singapour Airlines », et mes lèvres commandait un jus de kiwi allongé d’une dose de rhum. De là à être ivre, autant jouer sur le côté nostalgique.
Je n’avais même pas senti l’avion atterrir. J’avais du m’assoupir. Ou alors l’hôtesse avait-elle glissé avec bienveillance un demi valium dans mon rhum, pour calmer l’agitation de ce passager qui avait un regard particulièrement désespéré. En sortant de l’habitacle, je l’avais saluée avec les yeux du mec reconnaissant mais un peu paumé. Je récupère mes bagages, je chope un taxi et lui donne l’adresse de Xavier. Il n’est pas chez lui mais a prévenu le réceptionniste de mon arrivée. Le type m’ouvre l’appartement et je lui glisse un billet. Il y a un mot pour moi sur la table basse du salon. Un post-it jaune, mais je décide de ne pas prendre ça comme un signe.
Fais comme chez toi, y a des bières au frais
Xavier
Je loue sa bienveillance et m’ouvre une Tsing Tao avant de m’affaler dans le canapé. Et maintenant quoi ? C’est quoi la suite du programme. Je sors la carte de l’hôtel où est censé être descendu Perrine et je la pose sur la table devant moi. Comme si cela allait m’aider à réfléchir. Je m’assoupis encore. A mon réveil, je prends une douche glacée, et je fouille dans la cuisine à la recherche d’un substitue caféiné. Un pot de café soluble. Ce n’est pas terrible, mais ça fera l’affaire. Je choppe un grand verre à cocktail sur l’évier, y jette trois cuillère à soupe de café soluble, la même quantité de sucre, de l’eau et quelques glaçons. Je sors un plan de la ville en attendant que ma potion magique fasse effet. Puis je sors dans la moiteur de Bangkok bien décidé à récupérer celle que je crois aimer.
Je commande un café au bar de l’hôtel. Je suis presque à mon taux optimal de caféine. Je demande au type de la réception d’appeler la chambre 563. Pas de réponse. Je me rassois puis monte discrètement, jusqu’à me retrouver en face de sa chambre. Je frappe. Perrine met un peu de temps à ouvrir. Elle est simplement vêtue d’une serviette. Son visage n’exprime ni surprise ni enthousiasme. Juste une gêne mal dissimulée.
« _ Salut _ Salut. Euh, tu tombes mal là. Je peux te retrouver au bar dans 20 minutes ? «
J’acquiesce. Mais dans l’entrebâillement de la porte j’aperçois un type allongé sur le lit. Ok, Perrine a besoin de 20 minutes pour finir de se faire sauter, prendre une douche et enfiler une robe, histoire d’être belle et épanouie pour annoncer à cet idiot qui attends en bas qu’il a fait des milliers de kilomètres pour rien. Comme si je ne le savais pas déjà. Même l’hôtesse de Singapour Airlines avait dû deviner que cette mission de sauvetage était vouée à l’échec. Ouais, les regrets, c’est pour les losers. Et maintenant que j’avais perdu. Les illusions et les regrets, c’était peut-être mieux, non ?
Je demandais au barman de l’hôtel s’il faisait un cocktail au kiwi. Et assez fort. Le mec m’avait fait un truc sur l’instant, dans l’improvisation du moment. Il avait tranché un kiwi devant moi et agité son shaker en me racontant qu’il en avait marre de bosser ici, à servir des whisky sur glace alors qu’il aurait pu faire tellement mieux. Il m’avait offert ce cocktail. Lui et moi partagions du désespoir. Il avait compris qu’un type qui passe du café aux cocktails en moins de dix minutes ne pouvait pas aller bien.
Je rentrais chez Xavier. Je n’avais pas attendu Perrine. J’avais dit à mon ami qu’elle avait quitté l’hôtel et que je ne l’avais pas trouvé. Il m’avait demandé avec enthousiasme combien de temps je restais. J’avais décidé de ne pas condamner sa bonne humeur et de me montrer sous mon meilleur jour. J’avais tout de même été reprendre une Tsing Tao dans le frigo. Sa copine était rentrée à son tour. Elle était brésilienne, elle bossait dans l’import-export de cuir avec l’Afrique. Les effets de la mondialisation je suppose. Elle a réservé une table au Bed Supperclub, une boîte branchée de Bangkok. Tant qu’il y a un bar.
Au bed la musique est bonne, les cocktails sont délicieux et pas si cher que ça. Je commencerais presque à aimer ce pays. Mes hôtes dansent sur la piste comme des fous, comme si leur vie en dépendait. Pendant ce temps je reste accoudé au bar. Je me suis dit que j’allais finir la carte des cocktails avant la fin de la soirée. Histoire d’accomplir quelque chose. Et puis il y a cette fille qui vient se percher à côté de moi au bar. Elle ne prononce pas un mot. Elle me jette un regard rapide, à la dérobée. Le barman est un peu débordé à l’autre bout du bar. Dans ma demi-ébriété, je lui demande en anglais ce qu’elle veut boire. Pourvu qu’elle ne parle pas uniquement thaï. Elle lève les yeux vers moi. Toujours sans rien dire. A en croire qu’elle est muette. Et puis elle finit par me dire ce qu’elle veut. J’appelle le barman avec une autorité que je ne me connaissais pas. Nous commençons à discuter. Elle me dit s’appeler May Lee.
October 29 Le Kiwi, part 19Le kiwi, ça s'exporte! La preuve cette semaine... Quelques jours plus tard me voici également embarqué vers l’étranger. Bon, Londres ce n’est pas la Thaïlande. Un petit bout de mer nous sépare seulement de nos amis bretons. Je quitte Paris en Eurostar et sors du tunnel sous un ciel gris caractéristique. Curieusement pourtant l’éloignement de mon quotidien semble me rapprocher de mon kiwi. Arrivé tôt à Saint-Pancras j’enchaîne directement sur le boulot en bon petit mouton travailleur. Je suis le flot ininterrompu de costards gris-cravate rouge-chemise blanche en me demandant, face à l’uniformité de l’uniforme de travail, qui achète les chemises à rayures disposées en devanture des magasins devant lesquels je passe. La journée au siège passe curieusement vite, sans pause, à peine le temps de descendre juste devant le building pour acheter un sandwich. Mais sur le coup de 17h tout le monde commence déjà à plier bagage. Mes collègues ne se font pas prier et me proposent de continuer l’après-midi – il fait nuit depuis une bonne heure déjà – dans un pub.
Nous sortons donc en troupe, masculine, pour nous réfugier trois mètres plus loin. C’est un pub sympa ? Ai-je la naïveté de demander. Ce n’est pas la question apparemment, il est prêt et propose de la bière. Cela suffit. Je m’essaie donc aux spécialités tièdes, amères ou sans bulles locales. C’est assez mauvais mais, en suivant la cadence de mes collègues londoniens et avec le sandwich aux pickles déjà bien loin dans l’estomac, j’oublie vite le goût de ce que j’avale. La conversation est tout sauf professionnelle, alternant les blagues grivoises et machistes aux questions sur la France (disons plutôt, les françaises) et discussions bien plus intimes. Qui aurait cru que ce peuple connu pour son flegme et sa politesse, pose ainsi sans vergogne des questions personnelles et embarrassantes à un quasi inconnu ? Quand je renvois l’ascenseur cependant, on reste dans le vague avec une habileté de langue à faire pâlir d’envie tout politicien. Toujours est-il que la discussion de comptoir s’enclenche irrémédiablement sur mon histoire de kiwi – après nombres d’explications maladroites de la métaphore à mes collègues qui pensaient que j’aimais une néo-zélandaise et ne comprenaient pas son départ à Bangkok. Un point commun au moins. La discussion ne faiblit pas, forte des inévitables yakafokon de ces bretons qui hésitent à déménager de quartier et me disent de prendre le premier vol pour Bangkok. Could be good fun. Indeed. N’empêche, après le good fun d’y aller, que me resterait-il ? Un beau chômage sans espérer gagner le cœur de la belle. C’est là que je fais mon grand français et fait bien rire mes voisins libéraux. Good fun ça veut dire y aller, voir la belle, faire le plein de kiwi et revenir à ma routine comme si de rien était. La France est pleine de françaises qui ne demande qu’à se faire sauter. Rire gras. Je ris jaune. Je rentre en France dans deux jours. Je ne sais pas s’ils me proposeront de nouveau de sortir, j’ai peur d’être très occupé les prochains soirs.
Je rentre à l’hôtel dépité. Je m’apprête à faire mes devoirs pour Eva. Une belle soirée glauque à raconter. Mais mon estomac uniquement plein de reste de vinaigre et de liquide malté me tourmente. Ce sera pour une autre fois. Les autres soirs, mes collègues lèvent également le camp assez tôt en me disant simplement au revoir. Il semble que j’aie participé au seul soir dédié à la sociabilisation de la semaine. Mon estomac et mon moral en sont ravis. J’en profite pour faire des tours dans la ville et observer les anglais. Ou plutôt les londoniens, tant les visages fromage blanc que l’on voit sur nos plages se faire cramer consciencieusement sont rares dans les rues métissés. Ca parle français, italien, indien… et avant tout un anglais international improbable. Et si j’allais là bas juste pour me sevrer ? Peut-être que si je croisais Perrine ici, à Covent Garden, je ne la remarquerais même pas. Peut-être que c’est Lyon ma ville de kiwi. Mon kiwitier. Pas Bangkok. Peut-être que si j’y allais, je verrais que c’est être avec Perrine à Lyon que je veux, pas à Bangkok. Et donc que ce n’est pas Perrine que je veux ; mais un kiwi avec qui partager ma vie à Lyon.
Je rentrais à l’hôtel ravi de ma trouvaille. Je m’endormais en rêvant de moi et Perrine à Bangkok. October 25 La playlist du dimanche #4 C'est le retour de la playlist du dimanche. Ne me demandez pas pourquoi, il n'y a pas de raison précise. Bon je ne vous la fait pas sur deezer, parce que les accord avec les majors semble avoir limité le contenu du site. Enfin bref... Pas de thème précis, juste une playlist variée, avec du neuf et du moins neuf. Mais parfois, ça fait du bien de réviser ses classiques. Bonne soirée. BB King "Ain't Nobody Home" Radiohead "Bulletproof I Wish I Was" Radiohead "I Can't" Dionysos "Petit Colorado" Rhesus "Talk Talk Talk" The Cardigans "I Need Some Fine Wine And You, You Need To Be Nicer Nirvana "Oh Me" Arctic Monkeys "Cigarette Smoking" Asobi Seksu "Thursday" Aventura "Gone" Beirut "Nantes" Blur "On The Way To The Club" Gorillaz "Every Planet We Reach Is Dead" Coldplay "High Speed" Damien Rice "Amie" The DØ "Song For Lovers" Hot Chip "Look After Me" Maria Andrade "Comme S'il En Pleuvait" Oasis "Stand By Me" Glen Hansard "When Your Mind's Made Up" October 17 Le Kiwi, part 18Parfois, on a beau s'acharner, on y arrive pas. Le kiwi, lointain, exotique, inatteignable... Eva me sauva par son coup de fil. « Qu’as-tu fait aujourd’hui ? dit l’ingénue - Ben rien justement. - Intéressant. Et à part ça qu’est-ce que tu racontes ? » Alors je lui racontais Perrine, le départ, le train, la lettre, l’effet du deuxième café et la réflexion stérile de laquelle elle venait de m’extirper. Ma chère Eva me souffla de faire ce que j’allais lui écrire, de faire de ma vie une expérience que je serais heureux de lui envoyer par lettre. Super, mais c’est quoi une vie que j’aurais voulu lui raconter, que j’aurais voulu qu’elle lise dans sa chambre d’hôtel étouffée d’une chaleur humide ? J’avais rendez-vous le lendemain soir pour relater à Eva mon premier jour de vie à raconter par lettre. Je devais choisir ce que je voulais faire de ma vie pour demain soir. Choix soumis à validation par mon ex avant envoi par la Poste. Je lorgnais sur mon tas de gribouillis en m’en voulant que c’eût n’ait pas fait l’affaire.
Mais on ne change pas sa vie banale en expérience de vie unique, en road movie passionnant pour l’être aimée, si loin, qui elle, ne nous aime peut-être déjà plus. Mais je m’accroche à ma tasse de Moka d’Ethiopie, en me disant qu’il ne tient qu’à nous-mêmes de faire quelque chose de nos vies. De ma vie. Alors je fais mille petites choses insignifiantes, en espérant qu’ensemble elles finissent par vouloir dire quelque chose. Je vais donc au boulot avec ma caméra DV Sony, je filme mon trajet, je parle avec des gens que je vois chaque matin mais à qui je n’ai jamais dit bonjour. Je leur demande ce qu’ils écriraient dans une lettre d’amour, je leur demande ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Au boulot, je demande à mon chef s’il a déjà été en Thaïlande, s’il connaît Bangkok, et à mon grand étonnement, il me raconte un voyage qu’il a fait avec sa femme il y a deux ans, me montre des photos de son séjour sur son ordi, me fait une liste exhaustive et non moins rébarbative des vaccinations nécessaires. Midi arrive, j’ai perdu une matinée de travail, mais j’ai appris des choses, compilé des informations, j’ai des choses à raconter. Le midi, je me renseigne sur la culture du café en Ethiopie, pour savoir comment l’agriculture de ce pays soutien ma quête de kiwi. L’après-midi, je me mets enfin au boulot, plus léger. Et puis finalement, je dégaine à nouveau ma caméra sur le chemin du retour, et quand je rentre chez moi, Eva attends au pied de l’immeuble. Toujours cette même question sur les lèvres :
« Qu’as-tu fait aujourd’hui ? »
Je la fait monter, je lui raconte, je lui montre des extraits de mon shooting vidéo. Elle fait la moue. Alors je m’énerve, je lui dis que ce n’est pas si facile que ça, qu’il faut bien que je gagne ma vie, et que je n’ai pas que ça à faire, de partir à la cueillette au kiwi. Elle ne semble même pas affectée par mon ton ; elle en a vu d’autres, des engueulades avec moi. Elle se contente juste d’un : « il faudra quand même être meilleur que ça, Roméo ». Je lui montre la porte et elle ne fait pas de détails pour s’en aller. Je claque la porte derrière elle, et puis je saisis un grand couteau. Je tranche dans le vif, un kiwi qui passait par là, innocent, et je l’évide froidement à la petite cuillère. Comme si ça pouvait être une thérapie. Je regarde à nouveau les images filmées aujourd’hui, et j’ai cette même impression qu’en relisant ma lettre écrite dans le train, que ce n’est pas encore cela que je dois envoyer à Perrine.
Je passe ma nuit à monter mes bouts de vidéo, comme un clip, et je les colle sur un son de Radiohead. Le tout gravé sur un mini CD, avec un petit post it jaune disant :
« Peut-être que vu de Bangkok, tout cela aura plus de sens »
Je glisse le tout dans une enveloppe, que je confie à FedEx. En arrivant au boulot, mon patron m’annonce que je dois partir à Londres quelques jours. Apparemment, ils ont besoin de moi au siège, pour je ne sais trop quel problème. En fait je n’écoute pas vraiment ses explications. La seule chose qui me traverse l’esprit, c’est que j’aurais préféré qu’ils m’envoient à Bangkok.
October 11 Cocktail-Tram Je ne me lasse pas d'écrire sur ses photos. Dernière collaboration entre elle et moi : Cocktail Tram Arrivée en Normandie / PACS d'Aline Vendredi matin, TGV Grenoble Paris. Mon voisin ronfle comme une tronçonneuse, et cela semble énerver la plupart des passagers du wagon. Moi, je m'en fous, d'abord parce que je rentre chez moi, que je vais revoir mes potes et ma famille, et que mon état de fatigue avancé m'empêche d'être réellement véhément. Le jeudi soir a été festif à souhait, et je n'ai regagné mes pénates qu'à 3h du matin. Il a fallu une fois de plus enterrer la vie de garçon de Mickaël, qu'on ne semble pas finir d'enterrer. Heureusement il se marie le samedi qui suit. Ca fera déjà cela de moins à fêter par la suite. Quand j'arrive à Paris, il pleut et la température est bien automnal. Mais j'ai tout de même le sourire. De toute façon, la pluie est mon alliée depuis des années. Quand j'arrive en Normandie une heure plus tard, le ciel est clair, le soleil brille et le fond de l'air est à peine frais. Avec un peu de chance, ça tiendra tout le weekend, rien de pire qu'assister à un mariage sous la pluie. Samedi, I suited up, comme dirait Barney, puisque c'est le PACS d'Aline, en grande pompe à la mairie, et qu'en plus je suis le témoin. Faut représenter, comme dirait l'autre. La température est surprenemment estivale, et ma veste de costume commence à me tenir chaud. Je retrouve quelques amis et connaissance parmi les invités, je discute avec Anne que je n'ai pas vu depuis le bac, avec Sherif et Nathalie, et j'aperçois Cécile au milieu de la foule, long cheveux blonds et robe d'été, qui cherche sous ses lunettes de soleil de star, désespérément, une tête connue. J'attends un instant avant de lui faire signe; pas la peine de la torturer plus que cela, après tout, moi non plus je ne connais pas grand monde. La cérémonie est courte, solennelle sans trop l'être, et tout le monde se prète sans mal au jeu des photos. Sauf moi peut-être, qui n'aie jamais su sourire. Pas vraiment un fan des "red carpet moments" pour résumer. Le cocktail est champêtre sans être très agréable, j'ai à peine le temps de dire un mot à Aline, la clairette est bien trop sucré et je repose bien vite mon verre. Entre cela et les macaron c'est une débauche de sucre, dont mon palais n'a pas très envie. Vers la fin du cocktail, alors que je discute toujours avec Cécile, Aline sauve ma soirée en proposant une place au repas à Cécile, suite à u désistement de dernière minute: on dit "merci Aline". La soirée est réussi, l'ambiance bonne et ça vanne pas mal à la table d'honneur (à quelle table tu crois que je suis?) entre Coralie, son frère, Aline, Yannick et moi. On rigole bien. Je fais un effort pour danser bien que n'ayant bu qu'un demi verre de vin. Je dois bien cela à Aline. Elle a toujours été là pour moi et a mérité que rien ne vienne gâcher son grand jour. Cécile, après avoir préparé le café façon "maison" pour pâlier les défaillances de la machine, nous quitte. Je reste encore un peu; plutôt le genre de type qui ne part que quand les lumières se rallument. Dimanche, j'ai fait l'impasse sur le "finissage des restes". Les repas chez mes parents sont toujours meilleurs que la plupart des restaurants, alors le choix est vite fait. Mais j'ai promis de venir pour le foot après. Je ne dis jamais non à petit match, surtout sous un tel soleil; et puis rien de tel pour se débarrasser de toute mauvaise fatigue. Malgré la défaite, et mon cruel manque de réussite devant le but, je suis content de mon après-midi. A peine le temps de voir la fin de Bordeaux-Rennes à la télé. Mon corps dit stop et mes paupières ne veulent plus s'ouvrir. Time for some sleep... September 19 Update Quoi? presque un mois sans post??? Mais que se passe-t-il au sein du G-Star Crew? Je ne sais pas trop. Simplement je n'ai pas pris le temps de mettre à jour ces derniers temps, pas eu l'inspiration non plus pour vous conter mes dernières aventures. Serais-je d'un coup devenu moins égocentrique? Non, faut pas déconner non plus. Alors voilà le "previously on" version flash à la prison break... 5 septembre, mon téléphone sonne : François. Après une fructueuse quête d'appartement mi août, il est définitivement installé sur Grenoble. Rendez-vous est pris au O'Callaghan pour voir France Roumanie. Le bar est plein, mais le match ne semble pas déchaîner les passions. Match nul. Déception dans les rangs, je signe pour une nouvelle bière et François pour ce qui va devenir le célèbre "double Jameson". Mais ça ne suffit pas, alors nous changeons d'endroit. Je ne suis pas particulièrement un amateur de whisky, mais j'ai besoin de quelque chose de plus sérieux qu'une bière. Direction le Métropolitan, (pour changer), où nous commençons par une question simple à l'adresse du serveur : "- il y a combien de rhums aromatisés derrière ton bar? - 10 - bon et bah ce sera dix shooters" Nous nous répartissons les parfums. Discutons un peu avec le barman. Il y a un peu de monde mais ce n'est pas la grosse foule non plus. Il nous fait un signe en direction d'un groupe de quatre filles à côté de nous. Je lui dis en plaisantant qu'il a des mineures dans son bar, et qu'on n'est pas non plus du genre à chercher les problèmes. Il rigole et rejette la faute sur son collègue le videur. Sans que nous n'ayons demandé quoi que ce soit, deux shooters se matérialisent devant nous. Le patron offre donc gracieusement un coup aux clients les plus méritants. Une bière et un verre de rhum flambée plus tard, nous sommes dans la rue. Une affiche gît sur le trottoir : Bourgouin Perpignan au stade des Alpes, vendredi 11 septembre. François suggère d'y aller. La semaine suivante, je me mets en quête de places. Je rentre chez moi de bonne humeur, malgré un match nul pas formidable. La semaine qui suit est difficile. Surtout pour mes pieds... La reprise du Karaté a tôt fait de me procurer d'énormes ampoules. Mais j'arrive à marcher, enfin, disons que je fais aller. Après avoir récupérer mes places pour le match de rugby, je passe à la Bobine pour boire un verre avec Greg, Michaël, et quelques collègues. Michaël se marie dans quelques semaines et Greg a demandé ma présence, pour une dernière soirée arrosée avant la fin de la "liberté conditionnelle" de Michaël. Mais je ne suis pas très chaud, et mes pieds encore moins. Je me dis que je vais passer boire une blonde, discuter un peu et gagner mon appartement à quelques pas de là. Mais non. Car on ne peut jamais savoir comment une soirée va tournée. Les gens rentrent peu à peu chez eux. Moi je n'en ai plus trop envie. Nous restons 6 ou 7 irréductibles, et nous dirigeons vers le métro (encore!) quasi vide. Bière et Chartreuse au programme. On nous vire à 1h30 faute de clients. Un jeudi soir, vivement que les étudiantes se ramènent... Mais la soirée ne s'arrête pas là. Nous ne sommes plus que trois, nous sommes à l'Arkange. Une bière et une playlist beaucoup trop rock plus tard, il est 3h15. J'abandonne les survivants pour retrouver mon lit. Greg, le lendemain, m'annonce s'être endormi sur la canapé d'Anne-Sophie vers 5h. Au moins Michaël n'aura pas été déçu. Vendredi, j'attends François à l'arrêt de tram tout en essaynt d'éviter l'endormissement. Je suis crevé. Une fois dans les tribunes ça va mieux. Le stade est quasi plein et les supporters locaux mettent l'ambiance. Mieux, Bourgouin se paye le luxe de battre le champion de France en titre. 17-6 score final. Perpignan incapable de débloquer la situation et Bourgouin qui joue bien sans pour autant être très spectaculaire. Nous débriefons le match devant une bière, au Family's, puis la discussion dérive au fur à mesure que l'heure passe. Nous abordons pêle-mêle les grand joueurs formés à Bourgouin, la carrière d'Olivier Roumat, les calamar à la plancha, et autres souvenirs de vacances. Dernière bière (pour moi) et double Jameson (pour François comme d'habitude). Ce soir , au moins une équipe a gagné à Grenoble (oui parce que le GF 38 et ses six défaites en L1 c'est un peu la loose). ![]() 18 septembre, la semaine a été calme, l'agitation du jour est due à la soutenance de thèse de Greg. Tout se passe bien, le champagne reimois nous accompagne au pot, et on pourra dire ce que l'on veut, le champagne, il n'y a que ça de vrai. Dispersion des troupes sur le parking, rendez-vous en ville pour un resto. Le Liban vert nous accueille, à 11 et sans réservation. C'est parti pour les Mezze, et on se régale. Le père de Greg nous invite tous et nous ne pouvons que le remercier. Et puis le libanais c'est convivial, on partage les plats, probablement le resto parfait pour fêter la réussite de Greg. La soirée se poursuit, moins quelques participants, au O'Callaghan. François nous rejoins. Je parle avec Jacques du poisson à l'amoniac, de l'info gérance et de l'externalisation à outrance. La pluie vient à peine perturber la soirée. Nous faisons la fermeture. Marco et Victor décide de rentrer (l'un encaisse ses 30ans depuis une semaine, l'autre conduit et en a marre du coca). Nous ne sommes plus que quatre. Direction l'arkange. Nous ne restons pas très longtemps. Je reconnais la même playlist que pour la soirée "spécial Michaël", et il n'y a pas beaucoup de monde. Sur la passerelle qui enjambe l'isère, nous croisons un groupe. Une des filles nous demande la direction de la boîte dont nous sortons. Puis insiste pour que nous les suivions. François et Gwen déclare forfait. Greg et moi y retournons, ça ne peut pas nous faire de mal de toute façon. Cette fois la boite est pleine, question d'horaire, à dix minutes près. Pauline, alias la fille du pont, m'explique sa vie mais je ne saisis pas grand chose à part qu'elle est nouvelle sur Grenoble et cherche des gens cool pour sortir. Je prends son numéro. Nous quittons la boîte à une heure que j'ignore. Je fais le chemin du retour avec Greg. Nous discutons longuement à l'endroit où nos itinéraires se séparent. Nos conversations ont du sens, me semble-t-il, on ne doit pas avoir bu tant que ça. Je retrouve mon appart, avale un sanwich au morbier préparé à la va-vite, et m'endort lourdement. Dernière semaine de Greg à Grenoble la semaine prochaine...ça promet... August 22 Le kiwi part 18Pourquoi s'obstiner quand tout semble perdu? Pourquoi poursuivre l'être aimé quand il n'y a plus d'espoir. Simplement, pour pouvoir écrire des histoires tristes. Mais qui sait? Vous! Vous saurez la suite en lisant la suite du kiwi! Eva me sauva par son coup de fil. « Qu’as-tu fait aujourd’hui ? dit l’ingénue - Ben rien justement. - Intéressant. Et à part ça qu’est-ce que tu racontes ? » Alors je lui racontais Perrine, le départ, le train, la lettre, l’effet du deuxième café et la réflexion stérile de laquelle elle venait de m’extirper. Ma chère Eva me souffla de faire ce que j’allais lui écrire, de faire de ma vie une expérience que je serais heureux de lui envoyer par lettre. Super, mais c’est quoi une vie que j’aurais voulu lui raconter, que j’aurais voulu qu’elle lise dans sa chambre d’hôtel étouffée d’une chaleur humide ? J’avais rendez-vous le lendemain soir pour relater à Eva mon premier jour de vie à raconter par lettre. Je devais choisir ce que je voulais faire de ma vie pour demain soir. Choix soumis à validation par mon ex avant envoi par la Poste. Je lorgnais sur mon tas de gribouillis en m’en voulant que c’eût n’ait pas fait l’affaire.
Mais on ne change pas sa vie banale en expérience de vie unique, en road movie passionnant pour l’être aimée, si loin, qui elle, ne nous aime peut-être déjà plus. Mais je m’accroche à ma tasse de Moka d’Ethiopie, en me disant qu’il ne tient qu’à nous-mêmes de faire quelque chose de nos vies. De ma vie. Alors je fais mille petites choses insignifiantes, en espérant qu’ensemble elles finissent par vouloir dire quelque chose. Je vais donc au boulot avec ma caméra DV Sony, je filme mon trajet, je parle avec des gens que je vois chaque matin mais à qui je n’ai jamais dit bonjour. Je leur demande ce qu’ils écriraient dans une lettre d’amour, je leur demande ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Au boulot, je demande à mon chef s’il a déjà été en Thaïlande, s’il connaît Bangkok, et à mon grand étonnement, il me raconte un voyage qu’il a fait avec sa femme il y a deux ans, me montre des photos de son séjour sur son ordi, me fait une liste exhaustive et non moins rébarbative des vaccinations nécessaires. Midi arrive, j’ai perdu une matinée de travail, mais j’ai appris des choses, compilé des informations, j’ai des choses à raconter. Le midi, je me renseigne sur la culture du café en Ethiopie, pour savoir comment l’agriculture de ce pays soutien ma quête de kiwi. L’après-midi, je me mets enfin au boulot, plus léger. Et puis finalement, je dégaine à nouveau ma caméra sur le chemin du retour, et quand je rentre chez moi, Eva attends au pied de l’immeuble. Toujours cette même question sur les lèvres :
« Qu’as-tu fait aujourd’hui ? »
Je la fait monter, je lui raconte, je lui montre des extraits de mon shooting vidéo. Elle fait la moue. Alors je m’énerve, je lui dis que ce n’est pas si facile que ça, qu’il faut bien que je gagne ma vie, et que je n’ai pas que ça à faire, de partir à la cueillette au kiwi. Elle ne semble même pas affectée par mon ton ; elle en a vu d’autres, des engueulades avec moi. Elle se contente juste d’un : « il faudra quand même être meilleur que ça, Roméo ». Je lui montre la porte et elle ne fait pas de détails pour s’en aller. Je claque la porte derrière elle, et puis je saisis un grand couteau. Je tranche dans le vif, un kiwi qui passait par là, innocent, et je l’évide froidement à la petite cuillère. Comme si ça pouvait être une thérapie. Je regarde à nouveau les images filmées aujourd’hui, et j’ai cette même impression qu’en relisant ma lettre écrite dans le train, que ce n’est pas encore cela que je dois envoyer à Perrine.
Je passe ma nuit à monter mes bouts de vidéo, comme un clip, et je les colle sur un son de Radiohead. Le tout gravé sur un mini CD, avec un petit post it jaune disant :
« Peut-être que vu de Bangkok, tout cela aura plus de sens »
Je glisse le tout dans une enveloppe, que je confie à FedEx. En arrivant au boulot, mon patron m’annonce que je dois partir à Londres quelques jours. Apparemment, ils ont besoin de moi au siège, pour je ne sais trop quel problème. En fait je n’écoute pas vraiment ses explications. La seule chose qui me traverse l’esprit, c’est que j’aurais préféré qu’ils m’envoient à Bangkok. August 20 Samedi??? euh bah Apéro?? Oui!!!! On ne change pas une équipe qui gagne. Après un foot sous la canicule pendant lequel j'ai bien cru mourir, une douche bien méritée, c'est apéro pique-nique au Parc de la Tête d'Or. Et Pierre ne trouve plus les melons, et ça, clairement ça lui gâche son moment. Mais bon ça ne coupe en rien l'appétit de Marion, et Seb finit par nous parler d'une vidéo "tigre contre crocodile". Les flics municipaux annoncent au mégaphone la fermeture du parc. Miljan lui s'inquiète de savoir dans quel sac est sa bouteille de whisky. Nous décollons direction l'appart de Pierre. Là, MCy et sont copain nous rejoignent en special guests de l'apéro (merci qui?). C'est le retour du Général, des buffallo et on ne peux dire qu'on ait été bien loin dans la table de 7 (les initiés comprendront). Mais l'essentiel c'est de s'amuser. Je repars après le dernier tacle anti-parisien de Pierre, mais avec le sourire tout de même. Vendredi? Apéro! Chaleur pesante, vitre ouverte sur l'autoroute, un peu de Tom McRae pour prévenir les excès de vitesse. Je pars donc de Grenoble pour rejoindre Lyon. Pour faire quoi me direz-vous? et bien pour prendre l'apéro. Mais avant je vais boire un verre place des Terreaux avec Gwinome et Julie, qui me parle de leur nouvel appart, du nouveau taf de Guillaume etc... Moi je les mets au courant des derniers potins, des dernières news me concernant également, même si Julie est déçue que je n'ai rien de plus croustillant à lui raconter sur ma vie. La soirée passe vite et les boubous rejoignent leur chez eux en Velo'V pendant que je rejoins toute la clique chez Pierre. Et tout le monde est vraiment là : Miljan, descendu de Paris, les autres Grenoblois, Marion, Carine, Seb Z. sont également venus. Enfin, Pierre, Seb, Loïc, Solenne, Elsa, Pauline, Leslie et son copain... ça fait pas mal de monde dans l'appart tout ça. J'annonce être en retard sur l'apéro, me fait servir un pastis et vais parler avec Marion dans la cusine. Puis retour dans le salon pour un second verre. Ca fait plaisir d'être là malgré les éternelles blagues des Marseillais sur le PSG. Les munitions viennent à manqué vers 3h, je décolle vers 3h30, pour quelques heures de sommeil bien méritées. Jeudi Apéro Quatre jours que François squatte chez moi. L'ambiance est bonne, il a trouvé un appart à Grenoble, nous avons commenté ensemble quelques perles télévisuelles qui ne méritent pas d'être cité ici, et c'est jeudi. Il fait beau, c'est vrai que ça serait bête de ne pas en profiter. Greg, comme d'habitude, a procédé au rappel des troupes. Et la terrasse n'est bientôt pas assez grande pour tous nous accueillir. Même en ne prenant que la commande d'une moitié de table, le serveur s'égare, et moi, pour ne pas être moins désagréable que d'habitude, je le charrie un peu. Marco, a deux places de moi, semble donner une conférence. "I just never shut up!" me dit-il en rigolant. Puis repart de plus belle. A la troisième bière, Anne, qui doit en être à sa 23e cigarette, prend les choses en main, et décident, avec les rescapés, les motivés, d'aller au Metropolitan. Etrange coïncidence, la seule venue de François à Grenoble correspond à une mine au "Metro". Nous revenons donc sur le lieu des exploits. Les miens ne remontent qu'à une semaine tout au plus. La bière semble être populaire, mais François et moi nous décidons pour des shooters. Faut pas déconner non plus. 2 par 2, parce qu'on a deux main, et ouais, c'est aussi simple que ça. Après la seconde tournée nous demandons au serveur de nous servir un "sous-marin" à la chartreuse mais le mec n'a pas l'air de connaître, il nous dit ne travailler dans ce bar que depuis trois semaines, avant, il officiait au Tord Boyaux. Tout un programme... "Mais je peux vous le servir si vous voulez". On a même eu un prix. Même si le shooters n'étais pas dans le bon sens pour moi. Je lui explique donc une seconde fois, histoire de lui apprendre un truc ce soir... Quant vous commencez à apprendre des trucs aux barman, c'est que ça fait un paquet de temps que vous traîner dans les bars. La suite de la soirée est plus sage pour moi, le mélange chartreuse/bière étant moyennement à mon goût. Mes collègues, eux, ne font pas dans la modération. Une bière avant la cloche et nous rentrons, François et moi. Je ne sais pas pourquoi, nous parlons de BattleStarGallactica en rentrant. Le lendemain, l'ensemble du taf est en RTT. Heureusement, je crois qu'il y a eu des réveils tardifs et des mal de têtes carabinés... August 18 Weekend à Toulouse Après une soirée au calme le vendredi soir, me voilà dans les rues de Toulouse pour une session shopping intense avc Camille. Et oui, elle cherche des chaussures, l'élément vestimentaire dont le choix est le plus délicat pour une fille. Voyez donc ce schéma simplifié ci-dessous. La matinée est de façon complètement attendue, infructueuse. Pire, mon taux de caféine est au plus bas. Nous allons donc rétablir mon taux dans un café en plein centre de Toulouse, le "Parisien". Camille me demande si je le fais exprès mais ce choix est totalement fortuit. Après un grand café-crème, la chance tourne à la boutique Adidas, entre deux discussions avec les vendeurs sur l'hypothétique transfert de Ribéry au Real, Camille trouve une paire de basket : hourra. Mais elle tempère tout de suite mon enthousiasme : les baskets, ce n'est pas l'objectif de la journée. Mais le dieu des chaussures est de mon côté. Et Camille trouve enfin la paire adequat. A 13h nous nous attablons dans un petit restaurant libanais (dédicace à Rayan!) et mon poulet au citron n'a jamais été aussi bon. L'après-midi est consacré à la découverte de la ville. Camille n'habite qu'ici depuis un mois et n'a pas encore eu le temps de visiter. Un problème sud-américain qu'il serait inutile de détailler. Ayant déjà passé un weekend dans la ville rose l'année dernière, je m'improvise guide pour la journée. Le lendemain matin est pluvieux. Que voulez-vous je crois que la pluie me poursuit toujours quand je vais dans le sud. Le réveil est tardif, mais nous décidons tout de même de nous bouger pour aller à Narbonne, tout du moins à côté de Narbonne, histoire de voir la mer. Après avoir galéré pour trouver un restaurant qui daigne nous servir à 14h à Gruissan, nous continuons notre ballade à St Pierre de la Mer. Pas vraiment le lieu de mes futures vacances. Plage bondée et sono qui donne dans la compil de l'été 2005. On est loin de ma conception des vacances. Camille, un peu fatigué, me laisse le volant et rattrappe l'heure de la sieste dans le siège passager. Petit détour par son appart, et puis l'aéroport. L'avion m'arrache au sud ouest, mais la pluie m'a suivi jusque sur le tarmac de Lyon. Mais peu importe la pluie, quand on a passé un bon weekend... August 17 Anniversaire en deux partiesChartreuse d’anniversaire La veille de mon anniversaire correspond avec l’apéro mensuel et désormais quasi institutionnel du labo. Pour tenter de limiter les dégâts, je décide d’arriver en retard, parce si on commence à dix-neuf heure… Donc 21h30, les « bon anniversaire » anticipés coïncident avec les « mais t’étais passé où ? » Il y a du monde. L’ambiance est sympa, et forcément, tout le monde veut me payer des bières. Tant que ce n’est que de la bière. La soirée continue au Métropolitan, et la bière est vite remplacée par les shoots de chartreuse, que j’offre gracieusement puisque je semble être le seul à avoir une carte bleue en état de fonctionnement. Les troupes s’amenuisent et ne reste que les résistants, les vrais, à enchaîner les verres plus que de raison. Le retour chez moi est assez vague, mais le réconfort de mon lit est infini.
Aéroport d’anniversaire Le réveil post-Chartreuse est difficile, entrecoupé de cou de fil « bon anniversaire ». Apparemment, et contre tout attente, j’ai des amis matinaux. Je finis par m’extirper de mon lit et préparer plus ou moins ce qui ressemble à un sac pour le weekend, en essayant de ne rien oublier. Mais clairement je me fais moyennement confiance pour ce jour-là. Aéroport de Lyon. Restaurant « le Bec ». Des accras, un filet de daurade, et un gâteau au chocolat chaud pour me remonter avant le voyage. Le restaurant est très classe, et je me dis que c’est quand même bien digne d’un anniversaire. Un lieu calme et classe comme je les aime. Puis décollage pour Toulouse. A l’arrivée, je n’ai pas sorti mon téléphone de ma poche que Camille est derrière moi. Comme si la transmission de pensée avait remplacé les texto. Camille juste de retour de St Jean de Luz, n’est pas en meilleure forme que moi. Et ça tombe bien. La soirée est donc détendue et paresseuse à souhait.
August 08 Prix de la distanceEt cette année c'est Christophe qui gagne le prix du "bon anniversaire" souhaité le plus loin, avec un coup de fil passé d'inde!!!!
Bravo à lui. Vous savez ce qui vous reste à faire pour l'année prochaine. July 28 Taking the road / Taking some pictures / Taking whatever I can Il y a ces matins si chauds qu'on a l'impression de se réveiller en plein après-midi. Je suis fatigué comme si je n'avais pas dormi -techniquement je n'ai dormi que 5h. La soirée de la veille fait partie de ses soirées au bilan mitigé, ces soirées pendant lesquels rien ne se passe comme prévu, entre errance, quête d'une dernière bière, et squat tardif d'appartement. On se fait livrer à boire sur un pont, par un type en scooter qui vous parle comme si vous aviez été à l'école avec lui. Une soirée qui aurait pu basculer dans l'exceptionnel, mais qui ne l'aura jamais atteint, la faute à des petits détails, à une serveuse jamais abordée, à des filles même pas jolies qui fument devant le bar, et qui défendent leur bière bec et ongle plutôt que d'engager la conversation. Et puis il y a les matins qui suivent ces soirées là. J'espère toujours apercevoir une superbe blonde endormie sur le second oreiller. Mais non, l'appartement est désespérément vide et silencieux. J'étouffe mes espoirs du lever avec un gauffre au chocolat. Une grande tasse de café importé d'Ethiopie finira par suggérer la touche d'amertume qui manque à ce début de journée. J'adore l'amertume, même si c'est parfois un goût un peu triste. Alors je rassemble le peu de force qui me reste, mes lunettes de soleil, mon appareil photo, une compil hiphop. Je saute dans ma voiture, et je prends l'autoroute. Et parfois, je tombe sur des coins sympa. Voyez par vous même. July 08 Le kiwi, part 17La théorie du chaos??? ou la théorie du kiwi??? Lisez et vous saurez! Seconde montée d’adrénaline, tu pries pour une grève des contrôleurs aériens qui n’arrivera pas, car tu sais ton timing un peu juste. Chatelet, le RER, l’aéroport. Tu rêves encore une fois de retrouvailles au milieu d’un terminal. Que ça se finisse là. Mais à peine entré, tu vois que le vol pour Bangkok est déjà parti. C’est le genre de moment où on achèterait un billet d’avion juste pour aller se saouler au Duty-free.
Je fais le chemin inverse, jusque chez Mélanie. Je ne sais pas pourquoi. Elle ne semble pas vraiment surprise. Je raconte alors mon histoire, cette histoire qu’elle semble un peu connaître vu l’absence de surprise dans ses yeux. Je pleure un peu. Je sais que je dois avoir l’air pathétique. Avant de partir, elle me tend une petite carte en papier glacé : « c’est l’adresse de l’hôtel où elle descend ».
Alors dans le TGV qui me ramène à Lyon, je sors une feuille blanche. Et je lui écris une lettre.
Je lui écris une longue lettre. Chaotique. Peut être est-ce du aux secousses du train, mais soyons réalistes, je suis dans le TGV, qui n’a plus du train que le paysage. Non, le chaos c’est l’histoire que je lui raconte, une suite d’épisodes que j’ai pris pour une histoire d’amour. Je lui raconte ce que j’ai vécu. Je lui écris comme elle était, comment j’ai brodé dans ma tête cette histoire de kiwi, jusqu’à ma course à Paris. Une longue lettre qui me prit les deux heures de train. Rentré chez moi j’avais encore soif d’écrire. De lui raconter qui j’avais cru être en étant avec elle, ce qui me manquait. J’écrivis tout ce qu’elle pouvait déjà savoir mais que certainement elle n’avait pas su puisqu’elle était partie. J’arrêtais épuisé face à un tas de papiers griffonnés. Je me couchais en songeant à taper ce qui en définitive constituait l’histoire de mes dernières semaines et que j’avais conçu comme journal à mon intime.
Je me réveillais comme on se réveille d’un mauvais cauchemar. En sachant que c’était la veille. Et que la nuit n’avait rien effacé. Et que la douche n’effacerait rien non plus. Même en frottant tout à la brosse à ongle. Quand on est sale de l’intérieur la glycérine n’y peut rien. Le café aide pourtant. Reniflant le marc je parcourais de nouveau mon tas de gribouillis. Indécis je préparais un deuxième jus en songeant que nul autre animal ne pourrait s’épuiser ainsi à se raconter. Mais à ma connaissance aucun autre animal ne boit du café. Les yeux presque à demi ouverts, je réalisais combien j’avais écris une lettre désespérée. Non que ce que j’avais écris n’avait aucun intérêt, mais je n’enverrais pas cette lettre à Perrine, si loin. Comment peut-on envoyer ceci à son fruit du bonheur ? Je me voyais injecter de l’encre de Chine par une plume pointée au cœur d’un kiwi. L’encre imprégnait toute sa chair comme du pétrole. Pourtant je voulais bien lui écrire. Je restais cloitré toute la journée dans mon chagrin à réfléchir à quoi lui écrire. |
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