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    October 11

    Cocktail-Tram

    Je ne me lasse pas d'écrire sur ses photos. Dernière collaboration entre elle et moi : Cocktail Tram
    April 24

    Je t’attendais


    C’était la fin de l’après-midi. Le soleil, en se rapprochant dangereusement de l’horizon, étendait mon ombre sur les pavés, comme un double maléfique. J’avais dans la poche ta dernière lettre, que je caressais du bout des doigts, parchemin magique, fine écriture à l’encre de chine qui me reliait à toi. Je n’avais pas besoin de la relire, je la connaissais par chœur désormais. J’avais juste besoin de toucher le papier vélin pour me dire que tu allais finalement te montrer.

     

    Une légère brise s’est levée à mesure que le soir prenait irrémédiablement le pas sur l’après-midi, et la noirceur m’envelopperait bientôt tout entier, mon corps et mon âme. Mais avant que la pénombre ne l’emporte, je voulais un triomphe, une résistance glorieuse, un sourire de ta part comme une dernière lueur, avant que la nuit ne nous fasse disparaître.

     

    D’impatience, je tournais en rond, en carré, en triangle. Je révisais ma géométrie sur ces petits pavés. Je marchais sur la pointe des pieds pour ne pas marcher sur leur jointure ; oui je fais partie de ces gens atteints de cette pathologie, qui ne peuvent pas marcher sur la jointure des pavés. Il paraît que cela porte même un nom, mais peu importe les mots après tout. J’avais une missive qui en était pleine dans ma poche, des mots jusqu’à l’écœurement, et ça ne te faisait pas venir pour autant.

     

    J’ai fini par perdre mon énergie, par rester sur place. Par me résoudre à disparaître avec le jour. Mes doigts, instruments de destruction, déchiraient ta lettre, toujours entreposée dans la poche de ma veste. J’ai fini par m’enfuir. Ne dit-on pas battre le pavé ? J’avais besoin d’une telle violence, j’avais besoin de cette détermination brutale pour m’arracher au lieu de notre hypothétique rendez-vous.

     

    Au fur et à mesure que mes pas m’éloignaient de ce lieu maudit, d’attente vaine, ma main gauche dispersait le contenu de ma poche, et laissait derrière moi une trace que la brise aurait tôt fait de disperser. Je balisais pourtant ma fuite, comme si tout était encore possible, comme si tu pouvais sortir de l’ombre et me rattraper ; comme s’il restait un espoir…

    February 16

    Participation

    Depuis début 2009, je suis pleinement mis à contribution sur le blog de BlumyRose. Voilà la dernière, toujours sur une photo originale de BlumyRose.
    Bonne lecture.



    January 24

    Dépoussiérage V

    Parfois, sous une des piles de papiers qui me suit au gré de mes déménagements sans qu'il ne m'arrive jamais de les trier, je redécouvre des textes, écrits il y a plusieurs années, et jamais recopiés dans le "petit cahier vert". Bien sûr ces épreuves d'archéologie littéraire ne mettent jamais à jour le texte perdu à jamais, celui du vieux coffre, que je ne cesse pourtant de chercher. Enfin c'est pour moi l'occasion d'un ènième dépoussiérage... Ces textes retrouvés sont un peu de ma mémoire, mes déménagements, mes ruptures, mes retours au pays, mes amis. Comme une rétrospective, comme pour me rappeler quelles erreurs j'ai faites, comme pour me rappeler que parfois la vie se répète. Bonne lecture. Et dédicace à Beck qui est toujours là.

    (Sans titre) (2004)

    Je hais cette ville
    Je hais ces gens
    Rendez-moi Paris
    Rendez-moi un peu de folie
    Rendez-moi mes amis
    Ici personne ne me connaît vraiment
    Rendez-moi ma violence gratuite
    Rendez-moi mon guitariste
    Et ses putains d'instrus
    Rendez-moi triste
    Et laissez-moi crever dignement
    N'essayez pas de me convaincre
    De rester ici
    Peine perdue je vous dis
    Rendez-moi juste ces soirées
    Où j'oubliais tout
    Rendez-moi la vraie vie
    Je vais mourir ici.


    Personne n'est comme moi (2003 ou 2004)

    Je suis un ange, mais personne ne me croit
    Je voudrais m'envoler, mais je n'y arrive pas
    Alors j'écoute les gens, qui parlent autour de moi
    Je me sens seul, car personne n'est comme moi
    J'ai beau déplier mes ailes, personne ne me voit
    Alors je rêve, et là je m'envole
    C'est comme une trêve, lentement bercé par Eole
    Et le vent me pousse, et les gens en bas
    Me paraissent si loin, je ne les comprends pas
    Et pourtant je me sens humain,
    Enfin c'est ce que je croyais, jusque là.
    Mais je me trompais, car personne n'est comme moi
    Alors je pleure, et mes larmes sont bien réelles
    Mais par pudeur, je me cache derrière mes ailes
    Rien de plus triste sur cette terre, qu'un ange qui pleure
    Si seulement quelqu'un, pouvait m'épargner cette douleur.


    December 26

    Les pieds dans le sable

    Elle prend de superbes photos. Ensuite je prends ma plume. Le résultat sur SON blog!!!

    Les pieds dans le sable

    Bonnes Fêtes à toutes et à tous.

    G-Star


    December 16

    Dépoussiérage IV

    Spéciale dédicace à Elodie, qui a demandé un nouveau dépoussiérage, en souvenir de toutes ces années... (21 ans ça fait un bail non?)


    Errances III (2001)

     

    Seuls les cris de deux enfants jouant

    Troublaient la mélodie des vagues

    Qui venaient se briser sur la jetée.

    Les pieds enfouis sous le sable chaud

    Seul le vent m’empêchait de m’endormir.

    Presque personne aux alentours…

    Je restais assis là à rêver,

    Me laissant bercer par le reflux

    Un bateau rentrait dans la rade

    Après une agréable journée en mer.

    Ma main courait sur le sable

    Qui s’écoulait entre mes doigts

    Comme dans un sablier,

    Comme si mes jours étaient comptés.

    Et déjà le vent se lève

    Les nuages approchent

    Menaçant de pluie

    Alors je fuis l’averse à venir,

    Je rentre

    Mais promis, demain je reviendrai…

    En vie.

     

    Arrières-pensées (2001)

     

    Pluie d’orage et chaleur tropicale

    Tu m’attends

    Seule malgré le déchaînement des éléments.

    Regarde-toi toute trempée

    Ton visage perlé de gouttelettes

    Je ne pourrais même pas

    Te voir pleurer.

    Mais aujourd’hui

    C’est moi qui pleure de te voir ainsi

    Et j’ai l’impression

    De ne pas te mériter

    Mais un de tes sourires

    Suffira à me faire oublier

    Mes scrupules et mon amer passé.

     

    Renonce (2003)

     

    Il n’est plus question de ça

    Il n’est plus question de rien du tout…

    Peut-être que c’est important pour toi

    Moi je m’en fous

    Une pauvre vie, un morceau de terre,

    Voilà tout ce que je demandais

    Mais je n’ai même pas pu l’obtenir.

    Je t’ai donné toute ma vie,

    Simplement

    Pour des conneries.
    Chaque jour une dose de plus

    Chaque jour un nouveau trip

    Chaque jour la galère pour trouver de la tune

    Je n’en peux plus je suis fatigué,

    Usé par cette vie que je mène malgré moi

    Tu vois.

    Rien à attendre de demain,

    Les rêves envolés, les espoirs déchus ;

    J’ai fait le deuil de mon visage d’autrefois

    C’est celui d’un autre que je vois chaque matin

    Dans un miroir fêlé qui accomplit à peine son office.

    Peu importe

    Car c’est toi qui va m’aider à décrocher

    A présent.

     

    Cé. (2004)

     

    Elle adore « le fabuleux destin d’Amélie Poulain »

    Elle me dit que j’ai une voix de crooner

    Que si je travaillais, je pourrais presque chanter.

    Elle est pleine de vie,

    Un peu trop parfois

    Elle agit sur des coups de tête

    Et de temps en temps s’en mord les doigts.

    Sa vie est un combat

    Mais elle refuse de la voir comme ça

    Elle ne donne sa confiance qu’une fois

    Rien n’est plus précieux pour elle

    Mais ça elle ne te le dira pas

    Faudra que tu le devines dans son regard.

    Ses yeux parlent pour elle

    Elle ne sait pas mentir

    Je le sais car elle essaie pourtant.

    Rien à dire, rien à faire

    Juste contempler son sourire

    Qui parfois ressemble à celui d’une enfant

    Elle le revendique, son cœur est innocent

    Et bien moins dur que le mien,

    Du moins j’ai pu l’apercevoir un instant

    La colère fait perler sur ses joues des larmes

    Dont elle seule connaît le prix

    Le goût amer qu’a parfois la vie.

    October 30

    Dépoussiérage III

    Comme il n'y a pas grand chose à dire en ce moment, j'ouvre le vieux coffre recouvert de la poussière des années... Quelques textes qui datent, donc; à lire ou à relire pour certains.


    Aime-moi

     

    Tu es là, en face de moi

    Tu es là, et je te trouve belle

    Peut-être plus que d’habitude,

    Je ne sais pas bien pourquoi.

    Mais mes questions

    Restent sans réponses.

    Ton sourire s’estompe

    Et tu détournes les yeux.

    Je ne connais que trop,

    Ce regard-là.

    Tu vois je te sais par chœur,

    Sur le bout des doigts.

    Alors aime-moi,

    Ou haïs-moi

    Mais ne me laisse pas comme ça,

    Déçois mes espoirs

    Ou embrasse-moi

    Pour l’amour que je te porte

    Réponds-moi

    Car je veux partir

    Avec ces yeux-là.

     

     

    Larmes III

     

    Pleurer seul dans sa cuisine

    En regardant avec désespoir

    La vaisselle qui s’entasse dans l’évier ;

    On se regarde dans le miroir et,

    Le flot devient plus rapide

    Mais ces larmes n’apaisent rien.

    Pleurer seul e soir dans son lit

    En regardant le plafond,

    En pensant à toi,

    En s’empêchant d’oublier

    Plutôt que de trouver le sommeil.

    La vie s’écoule, les larmes coulent

    Quelque chose s’éteint,

    Malgré soi ;

    C’est comme éteindre un feu

    Qu’on essaierait de raviver

    En soufflant dessus.

    J’ai pensé tout arrêter

    Arrêter d’essayer

    A défaut de réussir

    A essayer d’arrêter.

    La dépendance c’est bien plus fort que la volonté

    Si on ne s’arrête pas, on ne plonge pas.

    Arrêter de penser, arrêter de souffrir

    Couper court à ce flot salé,

    Qui inonde mes joues sans discontinuer.

    Il suffit d’un geste ;

    Mais tant que je sens ta présence

    Je n’en trouve pas le courage.

     

    July 11

    Piano

    J’écoute en boucle ces quelques secondes de piano, jouées par ton amie au nom de fruit. Etrange habitude que d’écouter 53 secondes de piano en boucle. Etrange pour quelqu’un qui n’a jamais vraiment aimé le piano, qui n’en a jamais joué, tout juste s’il en a touché un dans sa vie. Moi, il, lui, quelqu’un d’autre, peu importe. Je ne sais même pas quel morceau elle peut bien jouer, mon inculture musicale poussée à l’impossible m’empêche toute familiarité excessive avec ce morceau, impossible à fredonner, impossible à nommer. Impossible à saisir.

     

    Peut-être est-ce plus la pianiste, ton amie, que j’essaie de saisir. De percevoir, d’imaginer. De quelle sensibilité faut-il disposer pour faire courir à cette vitesse ses doigts sur un piano ? Mes mains à moi ne courent pas, elles écrivent et quand il s’agit de courir je prends mes jambes à mon cou. C’est bien plus commun, bien plus pratique. J’imagine donc cette pianiste dont tu m’as parlé parfois, pas assez pour la connaître, trop peu pour la rencontrer mais suffisamment pour créer le mystère. Non je ne veux pas la voir, je cristallise une image et c’est mieux comme ça. Je ne te ferai pas mon beau discours sur Stendhal, les mines de sels et le diamant ; j’exècre Stendhal mais il est bien pratique, parfois. Non j’ai plus envie de parler de cette image que de la réalité. Je fuis la réalité des gens, parce qu’elle est triste dans le meilleur des cas, pathétique le plus souvent. La déception est bien plus forte que l’imagination, elle abat froidement espoirs et image, aussi froidement que mon meilleur pote abat sa main au poker. Aucune chance.

     

    Finalement cette image est floue. Plus exactement elle est comme à contre-jour, si bien que je ne vois pas le visage de ton amie, je distingue simplement une silhouette. Et des mains. Elles, je les vois clairement, ces mains graciles et rapides, ces mains virtuoses, ces mains me fascinent. Elles semblent agir indépendamment du corps, c’est tout juste si elles entraînent les bras et un léger mouvement de tête. Elles semblent mener, mener le corps, mener mes pensées, mener cette si courte mélodie. Car irrémédiablement les mains s’arrêtent, car le morceau que tu m’as envoyé est court, fini aussi abruptement qu’une falaise dont on se jette. J’aurais aimé en avoir plus, en entendre plus parce qu’il y a peut être plus à en dire, parce que magiquement en écoutant ces 53 secondes mes mains se mettent à courir sur le clavier. Un clavier un peu différent je te l’accorde, je ne joue aucune partition, j’écris ce que les mains me dictent. Les mains dans ma tête dictent à mes mains ce que… Je sais c’est idiot. Sait-elle seulement que tu fais écouter des secondes d’elle à tes amis ? Sait-elle que je l’écoute en ce moment, que j’écoute ses mains ? Lui as-tu parlé de moi ? Lui as-tu fait lire quelques lignes d’un de mes textes, quelques lignes trop courtes pour qu’elle en puisse trop apprendre sur moi ? Quelques lignes qui résonneraient dans sa tête comme une mélodie ?

     

    Je pense à ses mains quand j’écris ? A quoi pense-t-elle quand elle joue ? Bien sûr elle ne pense à rien. Quand elle joue, elle oublie.

    July 09

    Ecrire, vivre, mourir

    J'essaie de rédiger un texte. Mais il ne s'agit pas d'écriture. J'écris deux mots, je rature. Je pars dans une mauvaise direction. Les obsèques, l'église. Prendre la parole dans ce fatras. Parler devant un micro, face à des visages connus, face à tous ceux qu'on aime. J'ai cette responsabilité. Ne pas dire quelque chose de convenu, de bancal, de déplacé. Être à la hauteur de notre histoire d'amour, à la hauteur de la douleur.

    Pourtant j’avais l’habitude d’écrire, pas comme un écrivain de best seller, non, c’est évident ; mais mon travail au ministère consistait à écrire et réécrire les déclarations du ministre, les réponses aux lettres ouvertes qui lui étaient adressées, aux questions au gouvernement auxquelles il faisait face à l’assemblée. Il discutait parfois certaines de mes phrases, mais la plupart du temps, une simple relecture de sa part lui confirmait sa confiance en moi. L’écriture n’était pas un problème, j’en étais devenu une sorte de professionnel, froid et calculateur, ne laissant passer aucun mot, aucun contresens, aucune allusion.

     

    Pourtant cette fois cette fois-ci c’était différent, il ne s’agissait plus d’écrire les mots d’un autres. Il ne s’agissait plus d’écouter le discours relayé par toutes les chaînes d’informations, tranquillement assis dans un des salons du ministère, en contemplant son propre travail d’un air de fierté mal placé. Cette fois je devrais parler, devant une assemblée de gens tristes, abattus, dans le cadre religieux d’une petite église de province. C’était solennel, il me fallait être humble. Il me fallait regarder les gens droit dans les yeux, des yeux emplis de larmes, et leur dire pourquoi j’aimais Sophie, pourquoi eux l’aimaient aussi.

     

    Je n’avais pas compris leur choix. Pourquoi moi ? Pourquoi pas son frère ? Bien sûr tout le monde savait le lien qui m’unissait à Sophie, mais rien n’avait jamais été officialisé, et je n’avais vu sa famille qu’une fois ou deux. Peut être était-ce un geste de leur part pour officialiser trop tard une liaison que Sophie aurait voulu publique. Je ne leur en voulais pas, de cette acceptation tardive. Je m’étais attaché à eux au travers des portraits que Sophie m’avait dépeint. Ils étaient francs et sincères, parfois un peu bruts, mais rien n’empêchait de les aimer. Leur geste, laisser le scribouillard du ministère prononcer l’oraison funèbre, montrait toute leur bonté d’âme.

     

    Malheureusement ces pensées ne m’aidaient point à écrire. J’étais toujours là, mon stylo plume fétiche en main, devant cette page blanche. Lorsqu’il s’agissait d’un texte particulièrement important, je délaissais mon clavier pour l’écriture manuscrite, le contact de la plume sur le papier immaculé, les ratures, le doux flot de l’encre. Rien n’était doux en ces temps là. Le chagrin n’arrivait pas à m’arracher la moindre larme, comme si j’avais su que cette histoire avec Sophie ne menait nulle part, comme si cette fin tragique était inéluctable.

     

    Quelques heures plus tard je me réveillais comme d’un rêve. Un rapide coup d’œil à ma montre m’indiqua qu’il ne restait qu’une heure avant la cérémonie. J’étais déjà vêtu de mon costume le plus sombre, un stylo à la main. La feuille devant moi était parsemé de petites lignes de cette écriture fine que je reconnu immédiatement comme étant la mienne. Avais-je écris cela dans un état de transe plus ou moins inconscient ? Je ne savais pas, mais à la relecture du texte, j’étais certain que ce texte avait la bonne tonalité, qu’il résonnerait juste dans la petite église. Je me levais en prenant mes clés de voiture, et j’essuyais une larme sur ma joue, enfin.

    April 23

    Polaroïd

    Il y a cette photo au fond de mon tiroir. Ce cliché instantané, avec ces marges blanches, ce cliché carré d’un format particulier, un synonyme d’instantanéité dans les années 70-80. Tout le monde a eu un tirage polaroïd dans les mains, l’a secoué pour que la photo se révèle plus vite, comme si cette soudaine agitation dans l’air ambiant avait une quelconque influence. Mais les recettes magiques ne le sont que pour celles et ceux qui y croient.

    Sur cette photo il y a un petit garçon, un petit garçon timide. Il porte son jean bleu préféré, son éternel sweat-shirt rouge, et ses baskets blanches. Toujours des baskets blanches. Sur cette photo, il a à peine 6 ans, peut être moins je ne sais plus bien. Ses cheveux blonds comme les blés sont déjà devenus châtains, il n’est plus un bébé, d’ailleurs tout le monde lui dit que désormais que « c’est un grand garçon ». C’est un petit garçon sage, qui ne fait pas de caprice, certain pourrait le croire triste, mais ce n’est pas vrai. D’ailleurs ce jour là, il était au cirque, et ça lui avait bien plu. Il pourrait encore vous dire ce qu’il y a vu ce jour là. Ce petit garçon a une excellente mémoire, il connaît son premier livre de lecture par chœur, et toutes les pubs qu’ils voient à la télé.

    Sur cette photo le petit garçon est sur le dos d’un éléphant. Oui, il est tout là haut, et pour un si petit garçon, c’est drôlement haut. Pourtant il n’a pas peur, ni même le vertige. Lui d’habitude si peu téméraire, si peu enclin à prendre des risques, il se trouve bien là haut, perché sur son éléphant. Il avait beaucoup ri pendant ce spectacle, mais monter sur un éléphant, lui qui voulait être vétérinaire dans la brousse, c’était comme réaliser un peu de son rêve. Ça n’avait duré que le temps de cette photo, cet instantané sur Polaroïd, de ces appareils qui n’existe plus. Ce cliché c’est toute une époque, une enfance dorée comme peu en ont.

    Aujourd’hui cette photo est toujours là, dans le tiroir de mon bureau, là pour me rappeler quel petit garçon j’étais, les rêves qu’il avait.
     

    L’éléphant, la photo, le rêve, c’est tout ce qu’il fallait à ce petit garçon finalement. Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Parce que je n’ai pas tant changé, qu’il y a toujours un peu de ce petit garçon en moi, et surtout, parce qu’MCy démarre un nouveau blog, et que ça vaut bien un coup de promo !

    Rendez-vous donc sur Elephotoniric pour tout comprendre…

    April 07

    Dépoussiérage 2

    Toujours pour les anciens, les fidèles de la première heure : dédicacé spécialement à Aline, Angèle, Pépette et super Tata Camille

    Larmes II

     

    Des perles transparentes

    Brillant telles des diamants

    Qui naissaient on ne sait comment,

    Puis qui dévalaient la pente de ses joues

    Et disparaissaient au coin de ses lèvres

    J’observais ce flot magique

    Qui faisait paraître mes soucis tout petits

    Comparé à la tristesse d’un cœur

     

    Un mouchoir tendu

    Un sourire esquissé

    Les yeux rougis

    Comme si les perles se payaient…

    Au pris fort ;

    Mais de cette beauté éphémère

    Elle se serait passée ;

    Elle est si belle,

    Mais elle me fait de la peine,

    Quand elle pleure…

     

     

    A…

     

    Un sourire enfantin éclairait son visage.

    Des yeux en amande, une peau de pêche.

    Toujours des rêves…

    Seulement des rêves.

    Parfois ils se brisent

    Je ne sais pas quoi faire pour la consoler

    Je me sens impuissant

    Quand je la vois pleurer ;

    Car parfois elle pleure

    Même si c’est rare.

    Car parfois les rêves se brisent.

    Les yeux sont rougis

    Mais malgré tout elle sourit

    C’est elle qui arrive à me réconforter

    Elle, ma meilleure amie.

     

     

     

    Avant

     

    J’écoute le vent et la pluie

    J’écoute la musique d’un vieux groupe irlandais

    J’écoute mes souvenirs

    Je les laisse me raconter

    Ce qu’était ma vie

    Jusqu’à ces derniers temps

    Ils me rappellent

    Pourquoi j’écrivais souvent

    Pourquoi je draguais la même fille

    Pourquoi je souriais rarement.

    Et je me rends compte que je n’ai pas tant changé

    Que j’écris dès que j’ai le temps

    Que je l’appelle pour entendre sa voix chaque fois que j’ai un moment

    Que mon sourire est encore plus difficile, à présent.

    Je me rappelle ma vie d’avant, mes amis

    Dont j’ai des nouvelles, occasionnellement

    Que je cherche à revoir

    Absolument

    Car tout n’est pas mort, non…

    Rien n’est mort, de ma vie d’avant.

     

     

    Ecriture automatique

     

    Unfair, injuste, des larmes, énervé, peu importe je m’en fous, (rater sa chance)

    Pas de fatalité

    Where’s my best friend ?

    Je ne l’ai pas quittée

    Un weekend, un seul, ça a suffit, pour l’éloigner

    La rancœur en moi et jamais d’oubli

    Le coin d’une chambre

    Un sac qui n’aurait pas du être là

    Des paroles incohérentes,

    Et tout ça est pour moi

    Le goût du sel (larmes qui sèchent)

    Son of a gun, she’s here again

    J’écoute ses pas, mais sa façon de frapper n’est pas la même

    Je perçois.

    Je suis hors de moi, il me faut de la violence

    Je craque arrêtez-moi, le miroir me balance

    Ma gueule encore une fois

    Et chaque matin c’est plus dur

    De regarder l’ordure

    A travers l’image qu’il me renvoit

    Je n’ai plus rien à dire

    Je ne peux plus rien faire

    Juste maudire ce stupide enfer.

    Des cartes à jouer, enfin, et l’as de pique

    Tatoué sur mon avant-bras

    Mais mon assiette est vide

    Quelques billets et j’envoie

    La planète entière valser

    Je détiens le roi des rois

    Et quatre des ses valets

    Peu importe le prix, si l’adrénaline est là

    Injectons-nous cette saloperie

    De l’héroïne et on s’en va

    Bogota, l’Amérique latine et les danseuses de samba

    De mon cœur j’élimine ce sanglot

    Qui s’en va,

    Va comme les vagues qui s’échouent

    Et j’échoue aussi mais j’ai l’habitude

    Je m’en fous

    Si toi aussi tu es sur cette plage, parle-moi

    Ou envoie-moi un peu de sable que je sache que tu es là

    Je me laisse mourir, sur cette plage, abandonné

    Et cet air que je respire pour moi est souillé

    Et des larmes de sang mon cœur pleure

    Et sur ma tombe de l’encens brûle sans douleur.

    March 27

    Dépoussiérage

    Voilà, je vous livre quelques vieux textes comme le titre l'indique. Ça rappellera probablement quelques souvenirs aux anciens... Je dédicace ce premier dépoussiérage (oui je n'ai pas fini de faire le ménage...) à Phinou, Marie, Boubou et Beck.   πάντα ρει

    Ses yeux

     

    Sous un ciel d’hiver étonnamment bleu

    Simplement ponctué de quelques nuages,

    J’essaie d’oublier mon triste quotidien.

    Bercé par cette inhabituelle douceur,

    J’observais son regard.

    Je plongeais alors mes yeux dans les siens,

    Sans même qu’elle s’en aperçut ;

    Ses yeux allaient et venaient, interrogateurs,

    S’allumaient soudain, rieurs, d’une étincelle de joie

    Qu’illuminait à cet instant ce si joli visage,

    Que j’observais…

    Puis ils s’arrêtèrent, songeurs,

    Figeant sur son visage une moue pensive…

    A quoi pensait-elle avec tant d’intensité ?

    Si jamais j’avais pu le deviner

    J’aurais probablement été déçu,

    Mais le mystère ainsi conservé

    Maintient l’espoir entier,

    Et laisse à mon esprit névrosé

    Le soin d’imaginer ses pensées.

     

     

    Larmes (morceaux de réalité)

     

    Il pleuvait sans discontinuer

    De fines gouttelettes

    Comme de milliers de perles

    Tombant du ciel.

    Elle arriva doucement ;

    Un bonjour timide,

    Un sourire qui fuyait ses lèvres

    Contrairement à d’habitude…

    Elle s’écarta de nous pour discuter

    Avec une amie.

    Elle baissa la tête

    Et couvrit ses yeux de sa main

    Pour nous cacher les larmes

    Qui coulaient le long de ses joues.

    J’aurais aimé faire quelque chose,

    Lui demander

    Ce qui pouvait ainsi la faire pleurer.

    Je me sentais impuissant, presque coupable

    De ne pouvoir faire cesser

    Le flot de tristesse qui émergeait de ses yeux.

    Mais le chagrin passe

    Et quelques heures plus tard,

    Je vis

    Ce magnifique sourire

    Qu’elle arborait si souvent.

     

     

    Entre quatre murs

     

    Je suis enfermé ici

    Alors que dehors le soleil brille.

    Seul assis à une table

    J’attends que le temps s’écoule

    Lentement…

    Mal à la tête,

    Chaque bruit m’est insupportable

    Encore plus que le précédent.

    Une salle banale, aux murs blancs,

    Des élèves oisifs pour la plupart,

    Et toujours ce soleil d’octobre

    Inhabituel, qui me nargue

    J’aimerais que tout ceci ne soit qu’un rêve

    Si seulement…

    Si seulement je pouvais m’évader,

    Si seulement les larmes pouvaient s’arrêter

    De couler

    Des yeux brillants

    Un regard triste.

    Des pleurs sur mes textes

    Du sang sur mes mains

    Je m’en vais doucement

    Je vous salue bien.

     

     

    L’homme aux doigts d’or

     

    Il jouait les yeux fermés,

    Ses doigts couraient sur les cordes

    En douceur…

    Une mélodie sortait de sa guitare

    Comme si elle y vivait depuis longtemps

    Et que lui seul pouvait la faire sortir

    De l’endroit où elle s’était tapie.

    Le bar, pourtant bruyant d’habitude,

    Etait silencieux ;

    Tous les gens autour de moi l’écoutaient

    Portés par ce flot harmonieux

    Qu’il faisait naître de l’instrument.

    Un café refroidissait devant moi,

    J’étais, comme les autres, ébahie par sa dextérité.

    Ses sourcils se fronçaient, une goutte de sueur perlait sur son front,

    Sa concentration se faisait plus intense,

    Séduisant l’âme et apaisant l’esprit

    Sa musique résonnait ;

    Mais lui s’en moquait :

    Il oubliait

    Car il jouait.

    January 05

    Une nuit sous la pluie

     

    Ce soir je ne sais pas ce qu’il y a

    C’est peut-être la pluie,

    C’est peut-être moi.

    Il y a ces soirées tristes qui ne s’expliquent pas ;

    Je devrai être sur les Champs

    A faire du shopping au milieu de la nuit

    A dîner avec un ange en robe noire

    Un fantôme de mon passé qui ressurgit,

    Ma mémoire est froidement irréprochable

    Elle ne me rend pas la chaleur de son sourire.

    Mais ce soir je n’ai pas froid,

    J’erre sous la pluie,

    Je déambule en pleine nuit,

    Sans but, sans envie,

    Simplement par ennui.

    La pluie ici ne m’évoque rien,

    Même le vent qui souffle ici ne me dit rien

    Il lui manque la charge de sel

    Son parfum si agréable,

    Il me rappelle un peu plus qu’ici

    Ce n’est pas chez moi.

    Mais je continue ma promenade nocturne

    Car comme vous avec un stylo

    Quand je marche, j’écris.

    December 11

    Bar Fight


    Il était à peine 1h lorsqu’il a poussé la porte du bar. Normalement elle finissait son service à 2h mais il avait eu envie de l’observer, de se poser à une table et de la regarder, de voir ses cheveux bouclés briller sous les lumières de la nuit. Bien sûr elle ne savait pas qu’il était là, il ne l’avait pas prévenue qu’il viendrait la chercher, encore moins qu’il viendrait une heure plus tôt.

     

    Mais cela n’avait rien eu de magique de l’observer ainsi. D’horribles cernes marquaient ses yeux bleus, rougis par la fumée des cigarettes. Son tablier était maculé de tâches et elle devait probablement sentir l’alcool. La musique était trop forte, et elle couvrait à peine les discussions des clients, qui s’apparentaient plus à des cris qu’autre chose.

     

    Mais ce n’était pas ça le pire. Il l’avait vu parler avec d’autres hommes, rire à leurs plaisanteries, sourire comme si c’était lui, parce qu’il était le seul, pensait-il, à profiter de ce joli sourire. Mais à cet instant, elle devait être bien loin de penser à lui. Il était presque 2h et le bar allait fermer. Les clients commençaient lentement à sortir, quand il vit un jeune type en costard cravate lui glisser une carte de visite sur le bar, puis lui toucher la main. Il avala d’une traite sa dixième tequila, se leva et attrapa le type par l’épaule. Il vit la peur passer dans les yeux d’Anna, il vit le gars renverser sa sangria sur son beau costume, et puis il ne vit plus rien. Le bar se transforma en lieu de chaos, la bagarre se généralisa et il ne resta à la fin pas une bouteille, pas un verre intact.

     

    Elle laissa les flics embarquer ce qui devenait de fait son ex-petit ami, elle jeta la carte de visite de celui qui avait été le détonateur de cette fin de soirée cataclysmique. Elle quitta le bar, bouleversée, épuisée, incrédule. Elle s’enferma dans sa voiture et mis le contact. Les enceintes laissèrent échapper la douce musique de Gabriel Fauré. Mais ça ne lui fit aucun bien. La musique n’arrange pas tout, même si c’est un requiem.

    December 04

    Larmes

     

     

    Il y eut une sorte de silence, un silence lourd de tristesse. Elle détournait la tête pour mieux me cacher ses yeux. Le silence persistait. Puis je vis une larme dévaler la pente de ses joues. Puis ce fut tout. Elle l’essuya d’un geste rapide de la main, comme si elle espérait que je n’ai rien vu. Elle persistait dans son silence. Puis une autre perle salée coula le long de son visage. Elle niait l’évidence, m’assurant que tout allait bien. Elle refusait toujours mon regard. Le flux se fit plus intense. Les larmes se suivaient rapidement maintenant. Elle ne sanglotait pas, elle ne parlait, elle se contentait de pleurer en silence, avec pudeur. Sans me regarder, pour éviter de m’affliger de sa peine.

     

    Puis elle me parla, car je la forçais à me regarder. Les mots étaient sa dernière défense face à mon regard, qui ne cessait de suivre les larmes perler aux coins de ses yeux. Elle commença par des reproches, même si je n’avais pas causé son chagrin. Je n’avais pas su dire ce qu’il fallait, moi qui parle tant. Mon désarmement était total, mon échec entamé. Cette incapacité à lever ce silence pesant, à lui remonter un peu le moral, faisait finalement de moi un piètre ami. Sa tristesse était la mienne désormais, mais cela n’arriverait en rien à la réconforter.

     

    November 15

    Au début il n’y a rien

               Au début il n’y a rien, comme souvent. On ne se connaît pas alors qu’on se croise tous les jours. Puis un jour on en vient à se parler. Pourquoi, on ne le sait pas vraiment. On ne se rappelle plus vraiment très bien comment tout cela a commencé, qui a parlé en premier à l’autre, pourquoi on a accroché toute suite.

    Au début on n’espère rien de cette nouvelle rencontre, on ne découvre l’autre que bien plus tard, on ne s’attend pas à bien s’entendre. Et puis les semaines passent et la complicité arrive. On s’entend de mieux en mieux, on se voit de plus en plus souvent. Bien sûr ça en reste là. Aller plus loin n’est même pas une option. Mais les regards se font plus insistants, plus évocateur. On effleure une main, ce que l’autre prend pour un contact fortuit, même s’il frissonne.

    Et puis la vérité nous saute au visage, après une soirée trop bonne pour que ça ne soit qu’une simple complicité ; alors on se remémore toute la soirée à l’envers, on en vient à tirer des conclusions. Et puis on se revoit, dans un silence parfois pesant parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a après, on a peur, peur de perdre quelques chose, peur de perdre l’autre finalement.

    L’histoire dérape ensuite, l’enlacement est total et on ne pense plus à rien, sur le moment, on fait ce qu’on n’aurait jamais imaginé faire au début. Et puis le lendemain matin on se réveil avec cet arrière-goût de déjà vu. On se persuade qu’on va se gâcher l’un l’autre. Que ce n’était que l’étreinte d’un soir, que la nuit n’a été qu’une parenthèse dans une relation qui n’aurait jamais du aller si loin.

    A la fin, il n’y a plus rien, on s’est dit trop de choses pour pouvoir jamais se regarder dans les yeux. Il ne reste dans l’image de l’autre que la nuit merveilleuse qu’on a passé et les horreurs qu’on a pu prononcées après.

     

    A la fin il y a ses larmes et mes regrets, elle qui s’éloigne et moi qui n’ose pas la retenir. Tout ce que j’ai dit, jamais je ne le pensais.

     

    A la fin je suis le même idiot qu’au début, je suis juste un idiot triste.



    September 07

    Mourir et faire mourir.


             Il n’était pas quelqu’un de violent. Pas en apparence en tout cas ; il avait toujours été capable de se contenir. Sans grande difficulté d’ailleurs. Ca n’avait pas été le cas ce jour là.

     

    Elle ne s’était pas doutée que cette journée serait sa dernière. C’était un vendredi ; c’était une belle journée. La température dans les rues de Lyon atteindrait probablement les 34°C. Mais en ce vendredi matin, il faisait encore bon, bien que la fraîcheur matinale se soit en grande partie dissipée. Il était déjà dix heures et elle sortait de sa douche. Elle avait bien dormi, n’avait pas eu de problème avec ses parents cette semaine, ni avec son petit copain actuel. Il commençait certainement à comprendre qu’il fallait qu’il la lâche un peu, la laisse respirer. Elle avait besoin d’autonomie. Mais pour l’instant, elle avait surtout envie d’aller au marché.

     

    La vérité, il la connaissait. Elle n’en avait strictement rien à foutre de qui que se soit, tant qu’elle arrivait à préserver sa conscience par des discours moralisateur. Beaucoup de gens se mentent. Elle n’était qu’une de plus. Mais elle lui avait menti. A lui. Et son orgueil démesuré ne lui permettait pas de laisser les choses ainsi. Il fallait rétablir un certain ordre dans ce qui était devenu, dans sa tête, un putain de bordel. Alors il avait attendu. Il connaissait ses habitudes, il savait que parfois elle descendait le matin pour faire le marché, sur la place en bas de chez elle. Alors il avait attendu. Et elle était sortie.

     

    Elle avait enfilé un jean et un t-shirt bleu clair assez près du corps. Elle avait descendu les marches quatre à quatre, et avait commencé son marché. Elle avait acheté du chèvre frais au crémier. Elle avait poursuivi, et avait craqué sur les cerises. Elle avait continué à flâner dans les allées, lentement bercée par la chaleur de juin, et le murmure de la foule.

     

    Il l’avait suivi à quelques pas, s’approchant même plus près parfois ; il pouvait sentir son parfum. Il pouvait voir de près ce corps qu’il avait tant aimé. Il l’avait suivi et l’avait vu regagné son appartement. Il avait encore attendu. Attendu qu’elle soit bien remontée dans son appartement. Il s’était approché de la porte de l’immeuble, avait composé le code 3A27, puis avait grimpé lentement les marches des quatre étages qui le séparait de son destin. Il avait frappé à la porte, un son lourd, grave, parce que la mort n’utilise pas la sonnette. Elle avait ouvert, surprise. Mais elle lui avait ouvert, sans hésiter plus d’une dizaine de seconde. La vie tient parfois à une hésitation. Il était entré sans qu’elle l’y invite. Il avait ce sourire narquois sur le visage, un sourire figé. Elle lui avait demandé ce qu’il foutait là. Si elle posait encore la question c’est qu’elle ne comprendrait jamais rien. Il avait sorti le P38 que Darko lui avait fourni. Il avait tiré. En pleine poitrine. Deux balles. Elle n’avait même pas eu le temps de crier. Le silencieux avait étouffé avec merveille un bruit qu’il aurait souhaité assourdissant. Mais il avait préféré la discrétion. Il avait laissé la porte entrouverte derrière lui. Il était rentré à son appartement, s’était servi un café, puis s’était tiré une balle dans la bouche. Les autres n’auraient qu’à nettoyer ce putain de bordel.

    August 31

    Eté

    Faire l’amour sur la plage

    Au soleil couchant.

    Voir dans tes yeux cet éclat

    Et ce sourire qui m’enchante tant.

     

    Faire l’amour dans la moiteur de l’été

    Sentir ton corps transpirant sous le mien

    Le goût salé de ta sueur

    Et ta respiration saccadée.

     

    J’ai adoré cet été,

    Mais il n’en reste rien

    Rien que des souvenirs.

     

    Un mégot d’une tes cigarettes

    Dans le cendrier

    A suffit à me faire pleurer.

     

    August 14

    Héroïnes

    Pour moi, chaque fille est une héroïne de roman potentielle. Bien sûr, héroïne de roman c’est un terme flou. Ca va de l’histoire d’amour à l’eau de rose –le roman pour minette en mal de prince charmant, au roman grave et sérieux, qui fait qu’on se sent tout petit en traversant les pages, assis là, dans le confort d’un canapé bleu acheté en promo chez Ikea. Héroïne, c’est un grand mot pour personnage central. Elles n’ont pas toujours la dimension chevaleresque que recouvre ce mot. Mes héroïnes ne sont pas des modèles de vertus, non, elles ont parfois cette lâcheté qui fait mal, qui fait que leurs paroles ne sont que des mensonges, leurs sentiments, de simples impressions. Elles ont cette hypocrisie protectrice qui m’empêche d’accéder complètement à leur pensée. Elles mènent toutes leur propre combat, contre la vie, contre la mort, contre leurs démons, contre leur passé. Oui elles traînent toutes sans exception un passé plus ou moins douloureux et j’aperçois par moment dans leurs yeux l’ombre des fantômes, la couleur des plaies mal cicatrisées qui s’ouvrent à nouveau, au moindre écueil tendu par cette traitresse qu’est la vie. Mais elles ont en elles une force surnaturelle qui me dépasse, ce courage que j’admire ; et pourtant j’admire peu de chose en ce monde. Ce courage de serrer les dents, de ne jamais rien lâcher, de se battre sans cesse, et de ne jamais pleurer que tard le soir, et encore, en silence, les sanglots étouffés dans l’oreiller, par pudeur, par fierté aussi. Elles préféreraient mourir d’épuisement que de demander de l’aide, même si elles n’attendent parfois que ça. Elles font leur chemin, pas à grand coup d’explosifs, mais en se faufilant entre les obstacles, silencieusement, avec leur fardeau de soupirs, de regrets et d’espérance. De tout ça elles souffrent mais n’en laisse rien paraître. Elles ont oublié comment on aimait naïvement. Elles ont appris la méfiance, désormais plus farouche que des oiseaux de nuit. C’est parfois la nuit qu’elles finissent par oublier. Pas qui elles sont mais ce qu’elles supportent. Elles se parent de mille artifices pour mieux dissimuler leur tristesse. Ensuite, elles se laissent entraîner dans le tourbillon de la nuit, en oubliant qu’il y aura un matin.

     

                Je les aime toutes. C’est comme vivre au milieu de milliers de récits, parfois être un personnage secondaire. Capturer un peu de cette tristesse, alléger un cœur de quelques blessures superflues, et obtenir un sourire. 


    June 16

    Juste une nuit

     

     

    Il y a ces regards déjà complices,

    Pourtant on ne se connaît pas

    Mais ça n’empêche pas.

    Il y a ce goût sur mes lèvres,

    Le goût de ce baiser, il y a quelques minutes, en sortant du taxi.

     

    Pas de mot, le silence a peine troublé par son rire

    Un rire d’excitation, un rire de curiosité

    Moi je n’ai plus d’yeux que pour elle

    Pour son corps à la peau délicatement bronzé

    Cette peau si lisse qu’on ne se lasse pas de la caresser.

     

    Ensuite, tout n’est plus que respirations haletantes

    Etreinte à la fois puissante et douce

    Et les regards, encore.

     

    Elle ferme les yeux

    Je l’embrasse

    Nous nous aimons, juste une fois

     

    Juste une nuit.