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7月28日

Taking the road / Taking some pictures / Taking whatever I can

Il y a ces matins si chauds qu'on a l'impression de se réveiller en plein après-midi. Je suis fatigué comme si je n'avais pas dormi -techniquement je n'ai dormi que 5h. La soirée de la veille fait partie de ses soirées au bilan mitigé, ces soirées pendant lesquels rien ne se passe comme prévu, entre errance, quête d'une dernière bière, et squat tardif d'appartement. On se fait livrer à boire sur un pont, par un type en scooter qui vous parle comme si vous aviez été à l'école avec lui. Une soirée qui aurait pu basculer dans l'exceptionnel, mais qui ne l'aura jamais atteint, la faute à des petits détails, à une serveuse jamais abordée, à des filles même pas jolies qui fument devant le bar, et qui défendent leur bière bec et ongle plutôt que d'engager la conversation.

Et puis il y a les matins qui suivent ces soirées là. J'espère toujours apercevoir une superbe blonde endormie sur le second oreiller. Mais non, l'appartement est désespérément vide et silencieux. J'étouffe mes espoirs du lever avec un gauffre au chocolat. Une grande tasse de café importé d'Ethiopie finira par suggérer la touche d'amertume qui manque à ce début de journée. J'adore l'amertume, même si c'est parfois un goût un peu triste.

Alors je rassemble le peu de force qui me reste, mes lunettes de soleil, mon appareil photo, une compil hiphop. Je saute dans ma voiture, et je prends l'autoroute. Et parfois, je tombe sur des coins sympa. Voyez par vous même.


7月8日

Le kiwi, part 17

La théorie du chaos??? ou la théorie du kiwi??? Lisez et vous saurez!


Seconde montée d’adrénaline, tu pries pour une grève des contrôleurs aériens qui n’arrivera pas, car tu sais ton timing un peu juste. Chatelet, le RER, l’aéroport. Tu rêves encore une fois de retrouvailles au milieu d’un terminal. Que ça se finisse là. Mais à peine entré, tu vois que le vol pour Bangkok est déjà parti. C’est le genre de moment où on achèterait un billet d’avion juste pour aller se saouler au Duty-free.

 

Je fais le chemin inverse, jusque chez Mélanie. Je ne sais pas pourquoi. Elle ne semble pas vraiment surprise. Je raconte alors mon histoire, cette histoire qu’elle semble un peu connaître vu l’absence de surprise dans ses yeux. Je pleure un peu. Je sais que je dois avoir l’air pathétique. Avant de partir, elle me tend une petite carte en papier glacé : « c’est l’adresse de l’hôtel où elle descend ».

 

Alors dans le TGV qui me ramène à Lyon, je sors une feuille blanche. Et je lui écris une lettre.

 

Je lui écris une longue lettre. Chaotique. Peut être est-ce du aux secousses du train, mais soyons réalistes, je suis dans le TGV, qui n’a plus du train que le paysage. Non, le chaos c’est l’histoire que je lui raconte, une suite d’épisodes que j’ai pris pour une histoire d’amour. Je lui raconte ce que j’ai vécu. Je lui écris comme elle était, comment j’ai brodé dans ma tête cette histoire de kiwi, jusqu’à ma course à Paris. Une longue lettre qui me prit les deux heures de train.

Rentré chez moi j’avais encore soif d’écrire. De lui raconter qui j’avais cru être en étant avec elle, ce qui me manquait. J’écrivis tout ce qu’elle pouvait déjà savoir mais que certainement elle n’avait pas su puisqu’elle était partie. J’arrêtais épuisé face à un tas de papiers griffonnés. Je me couchais en songeant à taper ce qui en définitive constituait l’histoire de mes dernières semaines et que j’avais conçu comme journal à mon intime.

 

Je me réveillais comme on se réveille d’un mauvais cauchemar. En sachant que c’était la veille. Et que la nuit n’avait rien effacé. Et que la douche n’effacerait rien non plus. Même en frottant tout à la brosse à ongle. Quand on est sale de l’intérieur la glycérine n’y peut rien. Le café aide pourtant. Reniflant le marc je parcourais de nouveau mon tas de gribouillis. Indécis je préparais un deuxième jus en songeant que nul autre animal ne pourrait s’épuiser ainsi à se raconter. Mais à ma connaissance aucun autre animal ne boit du café. Les yeux presque à demi ouverts, je réalisais combien j’avais écris une lettre désespérée. Non que ce que j’avais écris n’avait aucun intérêt, mais je n’enverrais pas cette lettre à Perrine, si loin. Comment peut-on envoyer ceci à son fruit du bonheur ? Je me voyais injecter de l’encre de Chine par une plume pointée au cœur d’un kiwi. L’encre imprégnait toute sa chair comme du pétrole. Pourtant je voulais bien lui écrire. Je restais cloitré toute la journée dans mon chagrin à réfléchir à quoi lui écrire.

7月6日

Barbecue chez Gaëlle

18h, de retour de Monoprix avec des fraises. Ne vous méprenez pas, personne n'a mis personne enceinte. Simplement Gaëlle organise un barbecue, et a décidé que les framboises, ça n'était pas suffisant pour le tiramisu aux fruits rouges. Coup de fil de la dite organisatrice dans la foulée. Moment de panique, Gaëlle, coincée dans les bouchons, est grave en retard sur son propre planning. On me dit de ne pas me presser. Pas de problème.

19h sur place, seule Flore est déjà arrivée. Présentation rapide avec la mère de Gaëlle, et Caro sa petite sœur qui n'est pas vraiment une inconnue. Disons qu'on s'est déjà croisé. Les invités arrivent les uns après les autres en l'espace de dix minutes, le temps pour moi de briffer Flore sur la découpe des concombres. Et puis je me mets au tiramisu pendant que Gaëlle court dans tout les sens, s'occupant de tout et oubliant parfois ce qu'elle fait. Mais tout finit par bien se passer. J'ai même eu droit à de la main d'oeuvre en cuisine pour me couper les fraises.

Dehors, trois collègues de Gaëlle gère le barbecue comme des princes. Entre les amuse-gueule, les grillades, la ratatouille, la salade, même les plus gros appétits sont mis à mal. La soirée se poursuit entre blagues potaches (hakim en prend pour son grade) et discussions sur le japon, tout juste entrecoupées du dessert. Oui nous parlons de tout, de diantalvic, de chocolat ou de hamster, mais rien n'entame la bonne humeur qui règne à table.

Il faudra un énorme orage pour mettre fin à cette soirée qu'on aurait souhaité encore prolonger.