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    November 22

    Gala CPE 2009

    Vendredi après-midi, St Jean de Moirans, je passe prendre Gaëlle, qui, je dois le préciser, est prête et à l'heure. Le trajet, sous le soleil, passe comme un trait d'autoroute à 150km/h. Direction la Part Dieu pour une cession shopping... ça faisait longtemps. Une coupe chez Haagen Dazs, un petit tour à la fnac, et Gaëlle qui trouve une petit pull. L'après-midi est un succès, je la dépose chez Greg, qui a finalement décidé de ne pas venir ce soir, rapport de management oblige.

    J'arrive chez Fab' peu avant 20h, qui s'occupe de l'apéro comme un chef. Un petit ouzo pour commencer, quoi de mieux!!! Une assiette de pâtes et deux petits rhum plus tard, je quitte Fab' et sa copine: il est déjà 23h15. 10 minutes en Classe E et me voilà au Palais des congrès de Lyon, Gaëlle me récupère pour me faire rentrer (je récupère la place de Greg).

    Sur place, il y a beaucoup plus de gens de ma promo que je n'aurais pu l'imaginer. Dam's me raconte sa nouvelle vie parisienne, je recroise Lauriane qui me dit ne plus avoir internet, d'où le silence radio. Gwinome est en grande forme, Julie est au comble de l'excitation (diplomée!!!), Christelle est souriante et en forme. La soirée passe vite, comme souvent. La musique s'arrête à 3h30, on nous vire vers 4h, alors qu'on nous avait promis 5h du matin. Je me venge en piquant des éthylotests. Et clairement, Gwinome ne peut pas conduire. Le fan club de Julie s'engouffre donc dans un taxi. Je rentre chez Fab' à pied.

    Lendemain. Mal de tête. L'équipe gala a vraiment forcé sur le crément de mauvaise qualité. Mes hébergeurs me sauve avec deux cafés. Un coup de fil de Christelle achève l'opération sauvetage et nous décidons d'aller déjeuner ensemble. Une fois à l'Opéra, je suggère un burger au Ninkasi et Christelle répond par la positive. Après avoir galéré à retrouvé le Ninkasi Cordeliers, nous attendons 10 minutes qu'une table se libère. 500g de frites et 240g de viande plus tard, je vais vachement mieux. Nous sortons du restaurant, nous promenons un peu dans les rues de Lyon et finissons l'aprem par une expo au musée des beaux arts. Je redépose Christelle à Villeurbanne et je reprends la route direction Grenoble. Je serai presque à l'heure pour voir France Samoa avec François!



    Poulotte, Poulette, Cocotte ... Strike Team's Back

    Depuis un mémorable weekend en Angleterre en février dernier, nous n'avions pas été réunis. Vendredi dernier, c'était chose faite. Nous sommes chez Olivier, AnSo, François et moi. Et nous avons faim. Qu'importe, Domino's pizza sera notre sauveur.

    Une fois deux pizza engloutis, et l'apéro dûment commencé (Oliver est très au point!) nous quittons Vaise direction la presqu'île. Nous nous retrouvons au Road 66, où nous sommes sensé retrouvé un collègue d'Oliv'. L'ambiance est glauque à souhait, mais nous prenons des bières et une table. On se demande quand même bien ce que nous faisons là. Après les quelques bières d'usage, et le collègue récupéré, direction le Barberousse. Il est temps d'être sérieux un peu. C'est parti pour les ti'punch et les rhums aromatisés. Et puis au bar, il y a un type qui n'a qu'un seul sourcil, version Emmanuel Chain. Ca fait beaucoup rire AnSo. Un détail me direz vous? Plutôt le fil rouge du weekend...

    3h. Fermeture du bar. Les lumières s'allument. Je rentre dans le 6e, les autres gagnent Vaise en Velo'v.

    Lendemain matin, je dévalise la boulangerie et prend un long petit déjeuner avec Manue et Larry, mes hébergeurs du weekend. Je m'occupe des pâtes carbo à midi, puis file à Charpennes retrouver Christelle pour un café express. Ensuite, direction le Parc de la Tête d'Or. Je retrouve le clan des Marseillais pour un foot sous la pluie. Nous sommes 5, nous sommes seuls dans le parc; exceptés les flics de la police municipale. Police municipale qui décidera de nous virer à 16h30, pretextant que nous abîmons la pelouse... Si jouer au foot devient un délit, on a pas fini. Une douche et un thé plus tard, je suis réchauffé et rejoins la Strike Team d'hier, ainsi que Lorène, Fabi et Jojo. Le repas est joyeux, mais le resto n'est pas exceptionnel. On fait avec. AnSo a sa raclette alors la planète est sauvée. Les desserts ne relèvent pas le niveau. On ne nous propose pas de café et nous expedie bien vite. Je ne crois pas que je remettrai les pieds ici... (Nulle Pierre Ailleurs, à éviter!).

    Après ce repas tout de même copieux, direction le St James pour une petite bière. "T'as envie d'une bière toi?" me demande François dubitatif. Comme il le dit si bien, il y a un whisky pour chaque moment de la journée. Allons-y pour le whisky! Les autres sirotent leur bière. Puis une table se libère et nous nous installons au fond du pub. AnSo fait sa maline avec sa crème pour les mains. En plus, elle a vu un mono sourcil au bar (et c'est reparti). Fabi, Jojo et Lorène nous quittent pour prendre le dernier métro. Dommage. Après un long débat sur le rugby à XIII, et un second whisky, nous quittons le vieux Lyon direction le Barberousse. Mais là, on nous demande nos papiers. François n'a pas sa carte sur lui. Nous ne cherchons même pas à négocier. Qu'est-ce qui est encore ouvert à 0H30? Le Sirius? Allez, c'est parti!

    Une petite imitation de Tom Sawyer et quelques minutes plus tard, nous sommes au Sirius, avec une table (!!!) et des mojitos bien chargés. Un second verre, et nous descendons clubber. Le DJ assure et c'est bien meilleur que mes souvenirs de cette boîte. 3h, nous partons, les trois cyclistes rejoignent Vaise en Vélo'v, je retrouve la rue de Créqui à pied.

    Dimanche matin, réveil difficile, avec une crampe au mollet. J'enchaîne les grands bols de café. La matinée passe à toute vitesse. Un McDo pour tenir. Je retrouve Sabrina chez elle, dans le 8e. Thé au Jasmin et visite de la petite maison qu'elle loue avec son copain, très sympa au demeurant. Je passe l'après-midi là. Avant de reprendre la direction de Vaise pour quelques crèpes. Ca y est, c'est déjà la fin du weekend. AnSo repart vers l'aéroport, François et moi vers Grenoble. La fatigue est là, mais c'était un gros weekend...

    Une seule question : à quand le prochain???


    November 02

    La playlist du dimanche #5

    Je sais que je suis en retard, mais parfois, un dimanche soir, c'est tellement triste, qu'on a envie que d'écouter la pluie. Ou une playlist.

    I Can't                                             Radiohead
    Just Let Go                                     Rhesus
    When Your Mind's Made Up           Glen Hansard, Markéta Irglová
    Pinocchio Story                              Kanye West
    Narcoleptic                                     Placebo
    Paint Me Over                                Amerie
    Sour Times                                      Portishead
    Blow Out                                         Radiohead & Portishead
    Nantes                                             Beirut
    Set The Fire To The Third Bar        Snow Patrol feat Martha Wainwright

    Je sais que la playlist est courte, mais quand on est triste, on écoute toujours les mêmes morceaux en boucle non?


    Le Kiwi, part 20

    C'est l'automne, les feuilles tombent, la pluie se renforcent, et les histoires d'amour s'achèvent. Tout a une fin, même les bonnes choses, celles sucrées et délicates comme le Kiwi.

    De retour à Lyon, je ne savais plus bien quoi faire. J’avais espéré –naïvement– une lettre de Perrine en réponse à ma vidéo. Mais peut-être était-ce simplement le testament vidéo de notre histoire que j’avais filmé là. Ou peut-être pas. Ce qui était sûr, c’est que ma boîte aux lettres était désespérément vide. Je sentais qu’Eva ne me serait d’aucun secours, malgré toute la bonne volonté qu’elle mettait à résorber les cicatrices de notre vieille histoire. Non, elle ne faisait que me décourager.

     

    Je regardais mon passeport comme s’il était la réponse à tous mes soucis. J’avais commencé à erré sur internet à la recherche d’un billet d’avion pour Bangkok. Je cherchais avec nonchalance, comme si cette idée n’était pas vraiment sérieuse, comme si j’allais presque le faire… J’écoutais Bjork chanter « All is full of love », et si je l’avais eu devant moi, je l’aurais probablement giflé.

     

    Et puis mon moteur de recherche qui s’arrête sur un aller et retour à moins de 700€. Peut-être aurais-je du m’abstenir ? Mais mieux vaut être fixé que de vivre toute sa vie sur un éternel regret, non ? Les regrets, c’est bon pour les loosers, me disait-je en confirmant ma commande. Bangkok, à nous deux !

     

    J’avais posé dix jours de vacances à la dernière minute. Mon boss n’avait rien dit mais ses yeux disaient toute sa désapprobation. De toute façon j’en avais marre de ce job. J’étais peut-être sur le point de changer de vie, de suivre mon kiwi à travers le monde. Cette perspective me réjouissait. Je disposais d’un optimisme nouveau qui semblait m’immuniser contre tous les désagréments du quotidien. Un texto à Eva, « j’ai toujours adoré la roue de la fortune, je suis tombé sur la case Thaïlande, je pars demain ». Elle avait beau m’insupporter ces derniers temps, elle avait le droit d’être au courant de mes conneries. Peut-être que c’est la seule qui pourrait demander un rapatriement sanitaire si mon état psychologique se dégradait outre mesure. Je ne sautais pas non plus sans filet. J’avais prévenu un ami sur place, avec qui j’avais fait mes études, et qui, après avoir travaillé quelques années à Singapour, s’était désormais installé à Bangkok. Xavier s’était dit enchanté de ma visite, bien que nous n’ayons pas eu de contact très récent. Xavier ne se formalisait pas à cause de ce genre de détail. Il était aussi content de vous voir que votre dernière visite remonte à 5 jours ou à 5 ans.

     

    C’est dans l’avion que j’ai commencé à me sentir mal. Nous survolions l’Europe, et déjà, je sentais que j’avais fait une grosse connerie. J’en étais presque venu à espérer un crash, ou au moins un déroutement pour raison technique. Mais ce foutu avion était fiable comme de l’horlogerie suisse. La serveuse de Singapour Airlines venait de m’apporter mon troisième gin, me demandant si je voulais autre chose. « Je voudrais que tu ailles demander à ton commandant de bord de faire demi-tour » pensais-je. Mais je me contentais de faire non de la tête. Au cinquième verre je lui avais demandé s’ils avaient des kiwis à bord. Elle avait paru à peine étonné, me répondant par la négative mais soulignant le fait qu’il disposait à bord d’une variété de jus de fruits impressionnante, et que le kiwi en faisait parti. Mon cerveau disait « je t’aime Singapour Airlines », et mes lèvres commandait un jus de kiwi allongé d’une dose de rhum. De là à être ivre, autant jouer sur le côté nostalgique.

     

    Je n’avais même pas senti l’avion atterrir. J’avais du m’assoupir. Ou alors l’hôtesse avait-elle glissé avec bienveillance un demi valium dans mon rhum, pour calmer l’agitation de ce passager qui avait un regard particulièrement désespéré. En sortant de l’habitacle, je l’avais saluée avec les yeux du mec reconnaissant mais un peu paumé. Je récupère mes bagages, je chope un taxi et lui donne l’adresse de Xavier. Il n’est pas chez lui mais a prévenu le réceptionniste de mon arrivée. Le type m’ouvre l’appartement et je lui glisse un billet. Il y a un mot pour moi sur la table basse du salon. Un post-it jaune, mais je décide de ne pas prendre ça comme un signe.

     

    Fais comme chez toi, y a des bières au frais

     

                                                            Xavier

     

    Je loue sa bienveillance et m’ouvre une Tsing Tao avant de m’affaler dans le canapé. Et maintenant quoi ? C’est quoi la suite du programme. Je sors la carte de l’hôtel où est censé être descendu Perrine et je la pose sur la table devant moi. Comme si cela allait m’aider à réfléchir. Je m’assoupis encore. A mon réveil, je prends une douche glacée, et je fouille dans la cuisine à la recherche d’un substitue caféiné. Un pot de café soluble. Ce n’est pas terrible, mais ça fera l’affaire. Je choppe un grand verre à cocktail sur l’évier, y jette trois cuillère à soupe de café soluble, la même quantité de sucre, de l’eau et quelques glaçons. Je sors un plan de la ville en attendant que ma potion magique fasse effet. Puis je sors dans la moiteur de Bangkok bien décidé à récupérer celle que je crois aimer.

     

    Je commande un café au bar de l’hôtel. Je suis presque à mon taux optimal de caféine. Je demande au type de la réception d’appeler la chambre 563. Pas de réponse. Je me rassois puis monte discrètement, jusqu’à me retrouver en face de sa chambre. Je frappe. Perrine met un peu de temps à ouvrir. Elle est simplement vêtue d’une serviette. Son visage n’exprime ni surprise ni enthousiasme. Juste une gêne mal dissimulée.

     

    « _ Salut

       _ Salut. Euh, tu tombes mal là. Je peux te retrouver au bar dans 20 minutes ? « 

     

    J’acquiesce. Mais dans l’entrebâillement de la porte j’aperçois un type allongé sur le lit. Ok, Perrine a besoin de 20 minutes pour finir de se faire sauter, prendre une douche et enfiler une robe, histoire d’être belle et épanouie pour annoncer à cet idiot qui attends en bas qu’il a fait des milliers de kilomètres pour rien. Comme si je ne le savais pas déjà. Même l’hôtesse de Singapour Airlines avait dû deviner que cette mission de sauvetage était vouée à l’échec. Ouais, les regrets, c’est pour les losers. Et maintenant que j’avais perdu. Les illusions et les regrets, c’était peut-être mieux, non ?

     

    Je demandais au barman de l’hôtel s’il faisait un cocktail au kiwi. Et assez fort. Le mec m’avait fait un truc sur l’instant, dans l’improvisation du moment. Il avait tranché un kiwi devant moi et agité son shaker en me racontant qu’il en avait marre de bosser ici, à servir des whisky sur glace alors qu’il aurait pu faire tellement mieux. Il m’avait offert ce cocktail. Lui et moi partagions du désespoir. Il avait compris qu’un type qui passe du café aux cocktails en moins de dix minutes ne pouvait pas aller bien.

     

    Je rentrais chez Xavier. Je n’avais pas attendu Perrine. J’avais dit à mon ami qu’elle avait quitté l’hôtel et que je ne l’avais pas trouvé. Il m’avait demandé avec enthousiasme combien de temps je restais. J’avais décidé de ne pas condamner sa bonne humeur et de me montrer sous mon meilleur jour. J’avais tout de même été reprendre une Tsing Tao dans le frigo. Sa copine était rentrée à son tour. Elle était brésilienne, elle bossait dans l’import-export de cuir avec l’Afrique. Les effets de la mondialisation je suppose. Elle a réservé une table au Bed Supperclub, une boîte branchée de Bangkok. Tant qu’il y a un bar.

     

    Au bed la musique est bonne, les cocktails sont délicieux et pas si cher que ça. Je commencerais presque à aimer ce pays. Mes hôtes dansent sur la piste comme des fous, comme si leur vie en dépendait. Pendant ce temps je reste accoudé au bar. Je me suis dit que j’allais finir la carte des cocktails avant la fin de la soirée. Histoire d’accomplir quelque chose. Et puis il y a cette fille qui vient se percher à côté de moi au bar. Elle ne prononce pas un mot. Elle me jette un regard rapide, à la dérobée. Le barman est un peu débordé à l’autre bout du bar. Dans ma demi-ébriété, je lui demande en anglais ce qu’elle veut boire. Pourvu qu’elle ne parle pas uniquement thaï. Elle lève les yeux vers moi. Toujours sans rien dire. A en croire qu’elle est muette. Et puis elle finit par me dire ce qu’elle veut. J’appelle le barman avec une autorité que je ne me connaissais pas. Nous commençons à discuter. Elle me dit s’appeler May Lee.